Le patrimoine, outil de développement et de démocratie

© Wadi Mhiri

Dans une atmosphère chaleureuse entre les habitants, les animateurs et les experts, s’est déroulé l’Atelier  Patrimoine, outil de Développement et de Démocratie, à Sbeitla du 27 au 30 juin, dans le cadre d’un partenariat entre l’association Azer pour le développement durable (Sbeitla), le Pôle EUNIC Tunisie et le Centre national d’Art vivant de Tunis,  et dans le contexte de la transition démocratique.

EUNIC Tunisie rassemble les Instituts et services culturels des Etats membres de l’Union européenne actifs en Tunisie. EUNIC Tunisie est aussi un interlocuteur privilégié de la Délégation de l’Union européenne dans le domaine de la Culture, celle-ci étant définie dans son sens le plus large : outil de démocratie, facteur d’intégration sociale et de développement humain, élément déclencheur d’une insertion positive dans la cité. 

Les participants provenaient de différents milieux : représentants des pouvoirs publics, universités, animateurs des sites archéologiques et historiques, associations de développement local, centres culturels régionaux et locaux, établissements d’enseignement concernés par les métiers du patrimoine et du tourisme.

 Résultats attendus de l’Atelier

Il s’agissait d’associer la population locale aux initiatives débouchant sur une réappropriation du patrimoine, ainsi que sur sa protection ; de sensibiliser les élèves et les étudiants à la valeur de « leur » paysage, de « leur » patrimoine bâti et immatériel pour les associer à leur préservation et à leur valorisation.

La valorisation des monuments et des sites au sein du tissu social environnant (élus, responsables de services publics et d’entreprises, de grandes écoles, animateurs d’associations), la valorisation des lieux historiques et archéologiques dans la perspective d’un développement régional intégré et le développement des apprentissages spécifiques, susceptibles de favoriser l’emploi devaient être au cœur des débats.

Cet Atelier-action s’inscrit dans la continuité du colloque organisé en janvier 2012 par l’Institut national du Patrimoine dans le cadre du programme Montada de Euromed Héritage sur le thème « Préserver le patrimoine bâti ».

Constats et recommandations

Les débats de cet Atelier ont permis de mettre en évidence un certain nombre de constats sur la situation du patrimoine, notamment à Sbeitla, ont soulevé l’urgence de faire du patrimoine un vecteur de développement et de démocratie. Ils ont débouché sur des recommandations que les participants et les acteurs locaux auront pour mission de mettre en œuvre de manière collective :

  • Rappeler la nécessité d’impliquer la population et l’ensemble des acteurs locaux, à la protection du patrimoine,  sa réhabilitation et sa valorisation ;
  • Considérer la question du patrimoine sous un angle multisectoriel, devant faire appel aux différentes institutions concernées et selon une approche concertée ;
  • Promouvoir les partenariats « pouvoirs publics-tissu associatif » dans une perspective d’avancées démocratiques ;
  • Renforcer les relations responsables- au besoin critiques- entre les autorités et les citoyens – à travers leurs associations -, notamment au niveau municipal;
  • Développer une vision stratégique et opérationnelle en vue d’intégrer la question du patrimoine et de sa préservation dans une dynamique de développement local et de gestion durable du territoire ;
  • Renforcer l’éducation, la sensibilisation et la formation au patrimoine, notamment en faveur des enfants et des jeunes, et ce, pour une éducation citoyenne ;
  • Intégrer la question du patrimoine à la valorisation des métiers traditionnels en vue de favoriser l’emploi et les activités génératrices de revenus ;
  • Etablir un lien entre appropriation du patrimoine et créativité artistique d’aujourd’hui.
  • Favoriser la dynamique de décentralisation par le renforcement des capacités des collectivités régionales et locales, notamment dans leur mission de recherche, de gestion et de promotion du patrimoine ;
  • Refonder la légitimité de l’intervention publique en faveur des sites et renouveler le contrat qui lie les collectivités, les habitants et les pouvoirs publics ;
  • Mettre en place les instruments effectifs de mise en œuvre- au plan administratif et financier- selon une approche participative, sous l’accompagnement des instances nationales, notamment l’Institut national du Patrimoine et l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion culturelle ;
  • Encourager les échanges d’expériences et les bonnes pratiques, activer des réseaux de collaboration avec les institutions analogues, au niveau maghrébin, méditerranéen et européen, notamment dans le cadre de la coopération décentralisée.

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