Les structures officielles des droits de l’Homme : le vent du changement n’a pas encore soufflé

Quels sont les obstacles qui empêchent l’amélioration de l’efficacité des structures officielles relatives aux droits de l’Homme en Tunisie ? L’étude préparée par professeur Wahid Ferchichi a disséqué les structures officielles  en question et a fait un diagnostic. Le diagnostic se base  sur des entrevues avec les personnes concernées, des formulaires, cinq rencontres de concertation. Les raisons qui ont amené  le Centre Al Kawakibi pour la transition démocratique à réaliser une étude sur les structures officielles des droits de l’Homme sont : la nécessité de comprendre et d’évaluer leur fonctionnement, nous confie Wahid Ferchichi, l’auteur de cette étude.

Pour notre interlocuteur, les organismes étatiques intéressés par les droits de l’Homme sont les mêmes depuis l’époque de Ben Ali. «  Malheureusement, la réforme de ces établissement n’est pas une priorité pour le gouvernement ». Cette situation nous amène tout droit à dire que le vent du changement n’a pas encore soufflé sur les institutions officielles et que la nécessité du changement s’impose désormais, notamment deux ans après la révolution. Wahid Ferchichi nous rappelle que ces institutions ont été fondées avant le 14 janvier.  Donc, «  elles ne peuvent pas être le reflet de l’époque révolutionnaire ».

Et il ajoute : « Elles sont bel et bien dépassées et non conformes aux principes de la révolution ». Les membres non officiels des structures des droits de l’Homme n’ont pas de pouvoir décisionnel et leurs prérogatives demeurent limitées. «  Elles ont été créées pour aider les autorités à participer aux concertations.  Pis  encore, ses membres n’ont pas le droit de publier de rapports », indique-t-il.

Comment les droits de l’Homme peuvent-ils progresser avec des institutions sclérosées par la mentalité de l’ancien régime ?

Le pouvoir exécutif a la mainmise sur les décisions dans le domaine des droits de l’Homme et partout dans le monde c’est la société civile en premier lieu qui intervient, mais en Tunisie, force est de constater que les autorités tiennent en main ces établissements. Comme d’autres domaines, les droits de l’Homme ne sont pas décentralisés. Les organismes des droits de l’Homme demeurent inaccessibles pour plusieurs régions du pays.  Et l’absence de  transparence vient encore aggraver la situation. Selon le rapport : «  Le désir d’écarter l’organisme des droits de l’Homme est à l’origine du manque de transparence ».

Cette thèse  se confirme avec un autre paramètre, à savoir l’absence d’outils de suivi et de contrôle : plusieurs centres ne disposent pas de moyens logistiques ou techniques les plus élémentaires.

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