Un si « cher » voyage

Le président Obama entame aujourd’hui, 26 juin, un voyage d’une semaine en Afrique. Dans ce périple qui l’emmène vers le continent de ses origines, le président américain visitera le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Ce sera son deuxième déplacement en Afrique, une visite bien plus longue et plus consistante que la première qui n’était qu’une halte d’une journée au Ghana, après avoir visité la Russie et l’Italie en 2009.

Dans un communiqué publié le mois dernier sur le site de la Maison-Blanche, on peut lire que « le président rencontrera un large éventail de chefs de gouvernement, de chefs d’entreprise, et des représentants de la société civile, notamment des jeunes, afin de discuter des partenariats stratégiques et des questions bilatérales et globales.»

C’est que, toujours selon le communiqué du bureau Ovale, « le voyage vise à souligner l’engagement du président à élargir et à approfondir la coopération entre les États-Unis et le peuple de l’Afrique subsaharienne pour promouvoir la paix et la prospérité régionales et mondiales. »

 Du côté des Africains, la visite est vivement attendue par les autorités officielles. Le Grand Serigne de Dakar (maître spirituel), Pape Ibrahima Diagne, a exhorté les dignitaires et notables dakarois et toutes les populations de la Presqu’île du Cap-Vert à réserver « au président Obama, un accueil chaleureux et populaire, digne de son rang, dans la paix, la solidarité, et pour un renforcement de la coopération entre le Sénégal et les Etats-Unis d’Amérique ». Accompagné de son épouse et de ses enfants, Obama  fera un détour  du côté de  l’ile historique de Gorée (3 km au large de Dakar), où d’importants dispositifs ont été mis en place. Des dispositifs qui ont mis à mal la population locale, mais qui ont déjà suscité le mécontentement de plusieurs observateurs aux USA. Dans un rapport publié le 13 juin, le Washington Post a soulevé plusieurs interrogations autour du coût de ce périple. Des dizaines de millions de dollars, a estimé le journal. Une source experte et anonyme a même avancé que le voyage d’Obama pourrait coûter au gouvernement fédéral entre 60 et 100 millions $.

 Le leak révélateur du Washington Post

Un document de planification interneconfidentiel obtenu par le Washington Post, révèle la mobilisation massive d’imposantes ressources humaines et matérielles pour assurer le voyage : des centaines d’agents des services secrets américains seront envoyés pour sécuriser les installations dans les trois pays. Un porte-avions de la Marine ou un navire amphibie, avec un centre de traumatologie médical complet seront stationnés en mer en cas d’urgence.

Des véhicules de soutien seront également transportés par avion. Ils sont au nombre de 56, dont 14 limousines et trois camions chargés avec des feuilles de verre pare-balles pour couvrir les fenêtres des hôtels où la première famille va séjourner. Des avions de chasse planeront en équipe, ce qui donne une couverture de 24/24 heures au-dessus de l’espace aérien du président.

L’importance de ce dispositif onéreux et colossal a également interpellé la presse dans l’Hexagone. Dans un article publié hier, le site d’information français 20 minutes s’est interrogé : « Obama en Afrique: Une très chère visite pour rien? ». Dans les éléments de réponse à cette question, le journaliste français a laissé entrevoir que bien qu’elle ne s’appuie pas sur un agenda politique important, la visite revête un intérêt économique indéniable.

L’Afrique est désormais le terrain de toutes les convoitises. Avec un taux de croissance annuel de plus de 5%, des ressources naturelles colossales, et une population jeune et dynamique, est une destination attractive pour les investisseurs de tout bord. Les capitaux chinois s’en sont aperçus depuis quelques années déjà. Les Américains voudraient-ils rattraper le retard ?

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