Ainsi parlait le Général

D’habitude « la Grande muette » ne parle pas. Mais pour en arriver à ce que le Général Rachid Ammar dise ce qui lui pèse sur le cœur…et encore il n’a pas tout dit…c’est que l’heure est grave. Que dire alors de demain…

Juste quelque temps après l’entrée en vigueur de la loi sur l’amnistie, nombreux sont ceux qui avaient  attiré l’attention sur les risques de réactivation et de formation de certains groupes radicaux composés essentiellement  des rescapés de « l’affaire de Soliman » libérés alors de prison et des « Jihadistes » de retour d’Afghanistan, d’Irak, du Mali, de Pakistan et d’ailleurs. En vain, car les préoccupations des islamistes de tous bords étaient alors d’accaparer le pouvoir. Et dire qu’ils étaient là depuis le 17 décembre 2010 à attendre la suite des événements. Ils étaient à l’affût de la moindre occasion pour occuper le devant de la scène. Et c’est ce qui est arrivé. Après le 14 janvier les barbes ont fleuri et c’est tant mieux pour la démocratie qu avaient espéré certains. Mais c’était sans compter les groupuscules radicaux qui attendaient justement ce moment propice pour entamer leur travail de sape, commandité comme tout le monde sait par les wahabistes qui font de tout pour que la révolution du peuple tunisien et sa marche résolue vers la liberté, la dignité et la démocratie ne réussisse pas. Les mosquées, les facultés, les lycées, les écoles préparatoires même, la culture, la rue, les quartiers pauvres…ont été pris d’assaut…pour être «ré- islamisés »… à coups d’épée, de gourdin et de poings.

Et comme le peuple n’adhérait pas à ces pratiques bizarres venues d’ailleurs, il fallait passer à la deuxième phase. Ce fut Ben Guerdane, Errouhia, Echaambi et ailleurs. Des caches d’armes ont été découvertes  partout  et au cœur même de la capitale. Un arsenal de guerre composé de pistolets, de kalachnikovs, de munitions, de bombes artisanales, de cocktails Molotov, d’armes blanches, de dynamite…Ennahdha au pouvoir avait d’autres chats à fouetter. « Ce sont nos fils », « ils ne sont pas venus de Mars… », rétorquait le grand chef du mouvement. Il a même avoué que ces extrémistes lui rappelaient sa jeunesse. Quand d’autres ont en mémoire Bab Souika, Monastir et les attaques des jeunes filles à l’acide nitrique…

Aujourd’hui « nos fils », ou plutôt «  la réserve électorale »,  a montré ses crocs et son véritable visage, ses véritables desseins : le pouvoir, la chariaa et un califat et tout de suite. Et par la force, car il s’agit de « regrouper la oumma ». Tout un plan prémédité, dont les grandes lignes et même la stratégie ont été tracées par les chefs terroristes d’Al Qaïda.  Ce sont d’ailleurs les desseins également d’autres radicaux, à la différence qu’ils veulent y arriver par la voie « démocratique », à leur façon. Au cas par cas. Pour la Syrie par exemple ils appellent  au Jihad. Pour nous, ce n’est pas encore le moment…

Le Général Ammar est venu hier rappeler au bon peuple, lors d’un entretien télévisé de plus de trois heures, qu’il y a péril  en la demeure. Cela fait une année au moins que des camps d’entraîement ont été installés au sud comme au nord pour former des centaines de jeunes au maniement des armes, à la fabrication de bombes artisanales, à la communication codée…Bref les rudiments de la guérilla. Des cellules dormantes ainsi formées sont disséminées un peu partout dans le pays attendant à tout moment les ordres. Le Général Ammar en perd le sommeil. Il l’a avoué hier. Il craint que la Tunisie  ne devienne une deuxième Somalie. Il a peur pour le pays qui  de surcroît n’a pas les moyens de supporter une lutte de longue haleine  contre non pas des « terroristes qui frappent par à-coups », comme il le souligne, mais une organisation extrémiste radicale qui veut accaparer le pouvoir par la force des armes et renverser le régime en place.

Le message du Général, qui a décidé de prendre sa retraite, était clair : il faut sauver la Tunisie. Et le plus tôt serait le mieux.

Le Général s’en va, la tête haute, avec le sentiment du devoir accompli. Y aura-t-il un retour…à la vie politique ?

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