Semaine du 17 au 21 juin 2013

Peut-on croire à un nouveau rallye d’été ?

Depuis le début de l’année, le TUNINDEX n’a progressé que de 0,76% à 4 614,79 points. En d’autres termes, la Place de Tunis a fonctionné près de six mois pour quasiment rien. Et une semaine avant de passer en mode été, de sérieuses interrogations sur la tendance que la Bourse pourrait suivre se posent. Entre ceux qui croient qu’elle se doterait d’ailes pour s’inscrire dans un trend haussier, et ceux qui avancent plutôt qu’elle manquerait de carburant, il y a une mer.

Commençons par un petit aperçu historique. Sur les cinq dernières années, la Bourse de Tunis n’a jamais manqué son rendez-vous estival, du moins côté performance. En moyenne, les deux mois de juillet et août se sont soldés par une hausse moyenne de 5,95%, avec une super performance en 2008 de 8,72%. Depuis la révolution, les progressions sont moins importantes, mais restent à 5,01% en moyenne. Si nous nous limitons à ces chiffres, l’espoir est légitime. Mais rien ne garantit que l’histoire puisse se répéter à l’infini. L’été 2013 a ses propres spécificités.

C’est d’abord une saison politiquement à risque. En 2011 les opérateurs économiques savaient qu’il y avait des élections  en octobre. En 2012, ils pensaient qu’ils iront aux urnes au mois de mars 2013. Et en 2013, ils doutent que ce pays connaîtrait des élections ! Si on traduit cette évolution en termes de prévisions, nous obtenons ce qui suit : en 2011, les opérateurs économiques pensaient qu’après l’installation d’une nouvelle équipe ministérielle élue d’une façon démocratique, la croissance économique serait à deux chiffres (un miracle !). En 2012, ils croyaient que la clôture des travaux de l’Assemblée Constituante apporterait avec elle un meilleur environnement opérationnel avec une qualité de gouvernance améliorée capable de doper le rythme de développement. En 2013, ils sont convaincus que rien n’a changé, voire que la situation s’est détériorée sur tous les plans.

Côté chiffres, la situation ne s’arrange pas non plus. Le pays est désormais en catégorie spéculative par toutes les agences de notation au moment où il compte multiplier les sorties sur les marchés. La Banque Centrale a déclenché la guerre à l’inflation et a multiplié les initiatives sans que cela ne puisse donner de résultats satisfaisants à cause d’une économie tunisienne de plus en plus souterraine. Le déficit commercial s’aggrave davantage et se situe à 4,740 MdsDT selon les derniers chiffres de l’INS publié cette semaine. Le rythme de croissance actuel du pays est incapable de créer suffisamment de richesse pour améliorer les conditions de vie des citoyens des zones intérieures de la Tunisie, toujours en ébullition.

En dépit de ce que nous venons d’évoquer, le positivisme s’impose. Pour les chinois, une crise n’est autre qu’une opportunité. Nous devons nous inscrire dans cette logique. Il est vrai que plusieurs valeurs sont actuellement à leurs plus bas historiques, et que les nouvelles introductions sur le marché ne connaissent plus les débuts en fanfare des années précédentes. Cependant ces deux dernières années, les acteurs du marché actions se sont rendus compte, enfin, que les niveaux de valorisation sont déconnectés de la réalité et qu’une correction s’imposait pour intégrer les mauvaises nouvelles. Le problème est que ce flux de mauvaises nouvelles ne s’est jamais arrêté depuis, obligeant les analystes à être prudents et à lancer des doutes sur ce qui pourrait se passer. Mais quelque soit l’ampleur de ce phénomène, chaque société a une valeur intrinsèque à laquelle il faut toujours se référer dans ces moments difficiles.

En guise de conclusion, le contexte général comme il se présente aujourd’hui demeure peu propice à l’investissement, mais il y a tout de même certaines opportunités d’investissement. Probablement, le TUNINDEX resterait sans direction claire cet été, et certainement il faudra de revenir aux fondamentaux pour faire son propre stock-picking. L’essentiel est de ne pas se confier totalement à l’historique de cotation car les dernières années nous ont appris qu’en cas de dégringolade, les planchers historiques n’ont plus de sens.

Actualité

Euro-Cycles, démarrage des négociations

À partir du lundi 24 juin 2013, les 5 400 000 actions qui composent le capital social de la société Euro-Cycles seront négociables à la Bourse de Tunis.

Cellcom, Admission au Marché Principal de la Cote de la Bourse

Lors de sa réunion du 18 juin 2013, le Conseil d’Administration de la Bourse a donné son accord de principe pour l’admission au Marché Principal de la Cote de la Bourse des 3 531 296 actions constituant le capital actuel de la société Cellcom, ainsi que des 930 236 actions nouvelles souscrites à émettre dans le cadre de l’augmentation de capital, soit au total 4 461 532 actions de nominal un dinar chacune. L’Offre au public porte sur 1 395 354 actions, soit 31,3% du capital social après augmentation.

Hexabyte, Communiqué de presse

Le Conseil du Marché Financier porte à la connaissance des actionnaires de la Société HexaByte et du public qu’il a invité la société concernée à expliquer les mouvements en Bourse observés récemment sur les titres de la société. En réponse à la lettre du Conseil du Marché Financier, le Directeur Général de la société a précisé ce qui suit : « Nous vous confirmons qu’aucune information ou évènement visé par le règlement du conseil du marché financier n’est intervenu, susceptible de provoquer une augmentation pareille de cours ou de l’expliquer. Nous vous prions aussi de noter que :  1/ Aucune opération financière ou due diligence n’est en cours, à l’exception de celles régulières et réglementaires effectuées périodiquement par les commissaires aux comptes, 2/ Aucun nouveau projet d’investissement significatif n’a été décidé, à la date de ce jour».

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