L’ISO 22000: un levier de développement pour les entreprises de la filière agroalimentaire nationale

Dans un contexte économique global de plus en plus complexe et compétitif, s’arrimer aux normes internationales constitue sans doute un levier de développement pour les entreprises tunisiennes sur le plan national et surtout à l’échelle mondiale.

Les autorités tunisiennes, en collaboration avec l’Union européenne, ont de ce fait mis en place, en 2011, un programme visant à appuyer les entreprises industrielles, pour faciliter leur accès au marché international et notamment européen. Il s’agit du programme d’appui à la compétitivité des entreprises et à la facilitation de l’accès au marché : le PCAM.

Le PCAM, une approche globale et intégrée

« Le PCAM, qui prendra fin en 2015, est un programme global et intégré, dont les fonds s’élèvent à 23 millions d’euros » a déclaré Yosr Hamza Riahi, la consultante auprès du programme. Opérant sous la tutelle du ministère de l’Industrie, le PCAM fournit un appui aux organismes d’évaluation de la conformité et aux laboratoires ainsi qu’aux entreprises industrielles, afin de mettre en place, dans des conditions optimales, le processus de certification, en l’occurrence la norme ISO 22000, relative à la filière agroalimentaire

« Un processus qui n’est pas toujours facile, ni évident » a noté l’experte, qui a relevé une certaine frilosité auprès des entrepreneurs à investir dans l’immatériel.

L’ISO 22000  qui vise à créer et à maintenir un système de management de la sécurité des aliments (SMDA) est en effet un processus axé sur la qualité. La qualité, avant tout, à tous les niveaux de la chaîne de production, mais aussi la qualité du côté des ressources humaines et des programmes recherche et développement. L’ISO 22000 requiert également un retour constant au système d’analyse des dangers, points critiques pour leur maîtrise. Connu sous l’acronyme de HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point), ce système est une méthode de maîtrise de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires élaborée aux États-Unis d’Amérique par un laboratoire dépendant de la NASA, avec le concours de la firme Pillsbury dès 1959 dont l’objectif est la prévention, l’élimination ou la réduction à un niveau acceptable de tout danger biologique, chimique et physique.

A deux ans de son achèvement, le PCAM qui s’est fixé l’objectif de venir en appui à 130 entreprises dans le secteur de l’industrie de l’agroalimentaire, collabore déjà avec 103 entreprises. Parmi les 55 entreprises certifiées, 39 ont été certifiées ISO 22000. Les entreprises certifiées pourront ainsi accéder plus facilement au marché international, car la certification est en effet un gage de qualité, qui est de plus en plus exigés par les Etats et les entreprises privées.

Mais la mise en place d’un tel procès n’est pas facile. L’obstacle de la mentalité souligné par l’experte tunisienne a en effet été réitéré par M. François Falconnet, l’expert PCAM européen. «  Si le chef d’entreprise n’est pas vraiment convaincu de l’utilité de la certification, ce n’est pas la peine d’engager le processus », a-t-il noté.

Selon lui, l’intime conviction de la direction générale est une condition sine qua none pour la réussite de la mise en place des programmes pré-requis (PRP), conformément aux guides de bonnes pratiques et aux mesures préconisées par l’organisme de certification. De telles opérations, comme la réhabilitation des locaux, la formation du personnel, la modernisation des équipements, l’optimisation de l’organisation interne, l’investissement dans l’hygiène et même la simple modernisation de la salle de réunion de l’entreprise demandent souvent la mobilisation de fonds importants dont le retour n’est pas parfois immédiat, mais qui sont rentables à moyen et à long termes.

ABCO, une certification longue mais fructueuse

C’est ce dont a témoigné Adnen Debbabi, le Quality Manager d’Agri Business Company (ABCO). Responsable qualité au sein de l’entreprise qui commercialise les conserves de thon, de maquereau et de sardine de la marque Sidi Daoud, Adnen Debbabi a exposé toutes les étapes de la mise en place du projet ISO 22000. Des étapes certes longues et coûteuses, mais qui se sont avérées fructueuses et rentables.

AGRI, déjà forte d’un historique remontant à l’année 1824, s’est engagée dans les processus de certification en 2004 avec l’obtention de la certification ISO 9001/HACCP. En 2008, elle a entamé le processus de certification ISO 22000 en procédant premièrement à une étude préliminaire puis à des actions concrètes. Après l’identification des besoins et des objectifs, les équipes de la société se sont penchées sur la mise en place des PRP. Au menu : adaptation des politiques de maintenance, mise en place d’un système d’information moderne, réaménagement des locaux et revêtement du sol, amélioration des conditions de stockage et d’entreposage, optimisation du traitement des déchets et optimisation des conditions d’hygiène. La compagnie a également consacré du temps et de l’argent pour la formation de ses cadres et de ses ouvriers. « Ce qui a été alloué au processus est imposant », a admis le responsable. «  Mais nous sommes satisfaits des résultats. Nous sommes une entreprise performante sur le plan économique. Nous avons l’ambition de continuer notre développement pour satisfaire nos clients par des produits surs et des services adaptés,  » s’est-il félicité.

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