Projet de loi relatif à la protection des forces l’ordre : retour de la dictature ou protection de l’institution sécuritaire ?

Une journée d’étude portant sur le projet de loi relatif à la criminalisation des agressions commises contre les  agents de l’ordre (même ceux à la retraite) et les institutions sécuritaires, a été organisée, aujourd’hui jeudi 20 juin, à l’Ecole politique de Tunis par l’Union nationale des syndicats des forces de l’ordre tunisiennes .

M. Ahmed Driss,  directeur de l’Ecole politique de Tunis, a déclaré en inaugurant la séance que la prise de position de son établissement est tout à fait neutre par rapport au sujet mais il a tenu bon à organiser cette journée afin d’expliciter les détails de ce projet de loi qui fait polémique

Remontons à l’origine de l’histoire : le 27 mai, l’actuel ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, affiche sur sa page officielle Facebook  le dit projet de loi : très vite les critiques affluent de toutes parts. Certains ont parlé du retour imminent de la dictature et d’un pouvoir absolu qui serait octroyé à « nos protecteurs ».

Peut-être que ces interprétations trouvent leur logique dans la relation tendue voire conflictuelle entre les forces de l’ordre et le citoyen .« Il faut avouer que  le peuple n’a pas encore oublié les atrocités commises par les policiers durant les 23 ans de règne de Ben Ali », me confie un policier présent dans la salle.

Bien que les agents de l’ordre fassent partie de la Fonction publique : autrement dit,  ils sont protégés par la même loi qui protège les fonctionnaires d’Etat.  Donc quel est l’intérêt de cette loi ? L’intervention de Montassar Matri,  secrétaire général de  l’Union syndicale des forces de l’ordre, est  la réponse à cette question. En effet, les chiffres qu’il a présentés ont provoqué un tollé : 3472 agents de sécurité agressés, 600 postes de police pillés, 6000 moyens de transport  détruits ou endommagés par des malfaiteurs.

« Aucune catégorie  n’a subi de telles pertes ni journalistes, ni artistes, ni femmes et c’est de là que provient la nécessité de cette loi, affirme-t-il ».  Autre versant du problème, les agents de l’ordre ne bénéficient pas  de prime de risque à l’instar des autres secteurs.

Le projet de loi reste encore à rectifier et à modifier. Montassar Matri affirme qu’il y aura des concertations avec la société civile afin de l’améliorer. Il a reconnu par la même occasion l’excès dans  certaines sanctions dans les articles.

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