Tunisiens travaillant à l’étranger : 3.539 millions de dinars transférés en 2012, soit 5% du PIB

Les envois de fonds par les migrants sont, en cette période de crise économique, une source de financement extérieur des plus précieuses, « une source relativement stable malgré la crise financière touchant presque tous les pays d’accueil, à la différence des investissements directs étrangers ou des recettes touristiques  qui sont sensibles aux tensions conjoncturelles(…) ces envois sont l’expression d’un engagement familial tellement fort que les facteurs conjoncturels n’affectent pas, ils ont même tendance à augmenter dans les périodes de difficultés économiques ou d’instabilité politique», a souligné M. Chedly Ayari, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), à l’ouverture ce matin à Tunis d’un atelier sur « La réduction du coût des transferts d’argent des migrants et l’optimisation de leur impact sur le développement.»

Un tel atelier initié pour présenter les résultats de l’étude promue par la Banque Africaine de Développement (BAD) pour identifier les instruments et services financiers susceptibles de contribuer à la réduction des coût des transferts et d’accroître leur impact sur le développement des pays récipiendaires.

On apprend à cette occasion qu’en 2012, et selon la Banque mondiale, 406 milliards de dollars( environ 610 milliards de dinars) ont été transférés par les migrants recensés des pays en développement, en progression de 6,5% par rapport à 2011. Soit trois fois le montant de l’assistance officielle au développement. Ces flux devraient augmenter de 8% cette année et de 10% en 2014 pour dépasser les 500 milliards de dollars en 2015.

  Pour ce qui est des émigrés tunisiens, ils ont transféré, en 2012, 3.539 millions de dinars (MD) soit 5% du PIB, contre 2.822 MD en 2011 ou 4,3% du PIB. En progression de 25,4%, ces fonds représentent également 28,7% de l’épargne nationale en 2012 contre 25,7% en 2011. 88% de ces transferts proviennent des pays européens et 9% des pays arabes.

Représentant 10% de la population tunisienne, nos émigrés contribuent, dans une large mesure, au maintien des équilibres macroéconomiques et surtout à la réduction du déficit courant de la balance des paiements et à son maintien à un niveau soutenable. Reste toutefois que le coût de leurs transferts gagnerait à être réduit « pour une meilleure mobilisation de cette épargne au service de la croissance et du développement», estime M. Ayari. Ainsi et à partir de la France par exemple, nos émigrés payent des frais de l’ordre de 11,6% des montants transférés en mode cash to cash et 13% pour les autres modes au bénéfice donc des sociétés de transfert.

Reste également à savoir quelle part de ces transferts est orientée vers les investissements et à la contribution au développement. On apprend à cet effet que la part de l’investissement des émigrés en Bourse est très marginale. C’est pourquoi d’ailleurs le Directeur général de la BCVMT a avancé quatre recommandations à même d’améliorer l’attractivité de ces investissements, à savoir  mener des actions de sensibilisation et de promotion en direction spécialement des émigrés, lancer des fonds dédiés au financement de projets spécifiques (infrastructure ou développement régional), favoriser les doubles cotations des entreprises tunisiennes sur les places financières étrangères, notamment Euronext, et adopter une tarification spéciale comme la réduction de la commission sur les transactions de 50%.

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