Maya Jribi : il est temps de donner consistance au slogan « Vivre ensemble »

Maya Jribi, la secrétaire générale du parti Al-Jomhouri a participé à la deuxième journée du Congrès national contre la violence et le terrorisme. Peu avant la signature du Pacte national contre la violence et le terrorisme, nous lui avons posé quelques questions.

L’Economiste Maghrébin : Comment évaluez-vous le congrès ?

Maya Jribi : Un congrès d’une telle importance s’est tenu dans des conditions difficiles. Les incidents et le désordre qui sont survenus hier lors de l’ouverture, ne doivent pas être, comme l’a bien dit Ghazi Ghrairi, le coordinateur du congrès, l’arbre qui cache la forêt. Le congrès a en effet réussi avant même qu’on ne signe le pacte.  Les ateliers ont été riches et le travail efficace. Toutes les parties prenantes ont fait preuve d’une grande sagesse. Durant les travaux, nous avons tous convenu que la référence de tous les Tunisiens est la référence citoyenne. Les références idéologiques et partisanes doivent demeurer dans les cercles des partis. La citoyenneté est le facteur commun qui unit tous les Tunisiens et les protègent contre les périls de la violence et du terrorisme.

Mais, ce congrès, ne vient-il pas en retard, la société tunisienne n’est-elle déjà dépassée par l’ampleur de la violence?

Il n’est jamais trop tard pour faire face à ce fléau. Certes, certains partis ont fermé les yeux sur ce qui se passait, d’autres ont été trop indulgents, voire laxistes, en assurant que les incidents violents survenus ces derniers mois n’étaient que des actes isolés, ce qui n’était pas le cas. Mais l’essentiel à présent c’est que ces parties prennent conscience et se rattrapent. Maintenant, c’est le moment ou jamais de nous unir contre la violence. Nous sommes à un stade où les partis politiques se réunissent et se concertent, que ce soit à Dar Dhiafa ou sous les auspices des sponsors du Congrès national contre la violence (UGTT, LTDH, IADH et l’ordre des avocats). Les visions sont en train de converger vers le consensus.

Vous avez subi au parti Al-Jomhouri des actes de violence et vos locaux ont été attaqués. Est-ce pour cela que vous avez tenu à participer au congrès ?

La lutte contre la violence est la cause de tout le monde. Nous avons subi des agressions, mais certains de nos concitoyens ont même été victimes d’assassinats politiques. Il est temps que cela s’arrête !

Oui, mais concrètement, comment peut-on stopper la violence et le terrorisme ? Est-ce par la simple participation à un congrès, aussi important et inclusif soit-il ?

D’abord, il faut que tout le monde signe le pacte. Puis, il est impératif que les signataires, qu’ils soient politiques ou civils, voient en cette signature un engagement qui sera par la suite traduit par un ensemble de mesures concrètes et effectives. L’Etat doit, pour sa part, appliquer la loi à tous les Tunisiens sur un même pied d’égalité. Les dépassements et agissements de certains groupes violents, tels que les soi-disant ligues de protection de la révolution, ne sont plus tolérables. Il est temps qu’on fasse preuve d’un esprit d’ouverture et qu’on donne de la consistance au slogan : Vivre ensemble.

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