Bonne nouvelle pour les familles tunisiennes des apprentis terroristes en Syrie

Quel sort guette la communauté tunisienne en Syrie? La question se pose face à l’immobilisme du gouvernement tunisien qui n’a pas hésité à renvoyer l’ambassadeur  syrien de Tunis et ainsi rompre tous les canaux diplomatiques entre les deux pays, dont la relation est pourtant très ancienne.

1300 familles tunisiennes vivent à ce jour en Syrie, et pourtant ce paramètre n’a pas compté, dans une décision qualifiée d’hâtive et d’irréfléchie par l’opposition tunisienne.

Le sujet comporte deux volets: le premier a trait au sort des  terroristes tunisiens partis combattre l’armée syrienne et le second à la situation administrative et juridique des familles tunisiennes installées en Syrie et qui est loin d’être enviable.

Sans attendre l’intervention du gouvernement tunisien, une initiative, portée à bout de bras par un groupe de journalistes, a été lancée afin de résoudre ce problème épineux.  La délégation tunisienne, présidée par le journaliste Zouhaier Latif, est partie à Damas le 4 juin.

Les obstacles à franchir sont  énormes, étant donné que cette initiative ne bénéficie pas de l’appui du gouvernement tunisien et que dans le premier cas évoqué, il s’agit de jihadistes tunisiens impliqués dans des meurtres et des attentats terroristes sous d’autres cieux, alors que dans le second cas, des familles tunisiennes vivent dans le vide juridique total et sous les menaces de mort.

Si tout gouvernement est libre de rompre ses relations diplomatiques avec tel ou tel pays, il doit en revanche assumer sa responsabilité devant la communauté tunisienne qui vit en Syrie.

Soufiène Ben Farhat  parle de la situation catastrophique des résidents tunisiens. Ainsi celle d’une femme tunisienne devenue veuve  suite à l’explosion de sa maison  et qui s’est retrouvée condamnée à la mendicité et à l’errance, dans l’impossibilité d’avoir les papiers les plus simples, tels  un extrait de naissance, un extrait de décès etc.…  Pis encore, les Tunisiens dont la carte de séjour a expirée et qui ne peuvent plus sortir de chez eux de peur d’être arrêtés par les autorités.

« Cette initiative n’est pas politique. C’est l’effort de discussion entre la délégation tunisienne en Syrie et une composante de la société syrienne», annonce Zouhaier Latif aujourd’hui, lors d’une conférence de presse tenue au siège du syndicat national des journalistes tunisiens. Il a été le premier à prendre l’initiative  de braquer la lumière sur la situation des Tunisiens dans ce pays.

Il est à rappeler à ce titre que la Syrie et la Tunisie ont signé six conventions, la dernière remontant à 2006. S’ajoute à cela la coopération de la société civile syrienne composée de l’Observatoire syrien des libertés, une association féministe et l’association Khaled Mahjoub pour les œuvres de charité qui était le vis-à-vis de la délégation tunisienne auprès du gouvernement syrien.

C’est dans hôtel que le ministre syrien  des Affaires étrangères a rendu visite à la délégation tunisienne pour lui exprimer le consentement de son gouvernement.

« Le sang tunisien est précieux, les jeunes Tunisiens impliqués dans les actes terroristes en Syrie doivent comparaître devant la justice tunisienne », déclare l’avocate et activiste en droits de l’Homme, Dalila Msadek Mbarek, avant de prendre le soin d’expliquer les détails de la convention.

L’initiative s’articule autour de trois axes:
– Les Tunisiens qui ont été arrêtés à la frontière turque et qui ne sont pas impliqués dans les meurtres comparaîtront devant la justice tunisienne, mais en contrepartie ils devront déposer une plainte contre les réseaux qui les ont subventionnés et inciter au Jihad ;

– Pour ce qui est des combattants tunisiens prêts à rendre les armes, ils comparaîtront devant la justice  syrienne et auront droit à des avocats tunisiens pour les défendre ;

-Pour les femmes qui sont parties faire le Jihad en Syrie, leur situation est délicate puisqu’il faut trouver un moyen pour les tirer des groupes des jihadistes sans qu’elles se fassent tuées.

Enfin, concernant les familles tunisiennes en souffrance en Syrie, il a été proposé d’ouvrir un bureau, dans une ambassade d’un pays ami, pour traiter leur dossier. Proposition qui reste lettre morte à ce jour.

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