Affaire classée pour quatre rappeurs, un deuxième procès pour les deux autres rappeurs et une journaliste

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Ben Arous a décidé, lundi 17 juin, de classer l’affaire en ce qui concerne quatre rappeurs. Par contre, deux autres rappeurs et une journaliste franco-tunisienne, Hend Meddeb, devront comparaître devant le juge d’instruction pour un autre procès dont la date a été fixée pour le 7 octobre prochain, a déclaré l’avocat de la défense Ghazi Mrabet.

Le procureur de la République a décidé de classer l’affaire concernant les chanteurs de Rap Mohamed Achraf Handous (Spoyled Boy), Mohamed Ayari (Oueld Hmida), Alaeddine Ben Saad (Franky) et Walid Sghaier (Mister Brown) qui avaient été arrêtés, puis libérés, après les troubles survenus au cours de l’audience lors du prononcé du verdict de deux ans de prison contre le chanteur de Rap, Alaeddine Yakoubi (Oueld El Quinze), le 13 juin 2013.

Il a, en outre, décidé, pour la même affaire qui a pris le nom de « l’affaire du soutien à Oueld El Quinze », de faire comparaître la journaliste Hend Meddeb et les deux chanteurs de Rap, Mustapha Fakhfakh (Mister Mustapha) et Aymen Fkih (Man Way) devant le Tribunal de première instance de Ben Arous, le 7 octobre 2013, pour répondre des chefs d’accusation conformément aux articles  125 et 226 bis du Code pénal, d’après Kouthair  Bouallègue, membre du comité de soutien à Oueld El Quinze et représentant du réseau arabe des informations sur les droits de l’Homme.

De son côté, Ghazi Mrabet, membre du comité de soutien à Oueld El Quinze, a indiqué à Ben Arous que « le procureur de la République n’a pas entendu les accusés et avait juste pris connaissance des procès-verbaux de l’instruction préliminaire qui s’était déroulée au commissariat de police de Ben Arous, jeudi dernier, après leur arrestation« . Il a ajouté que ces « procès-verbaux contiennent des accusations relatives à la désobéissance civile, outrage aux bonnes mœurs, création de troubles dans la salle du tribunal, actes immoraux et violence contre un fonctionnaire public ».

Ghazi Mrabet a, en outre, souligné que « l’interrogatoire des accusés par la police judiciaire s’était déroulée dans des conditions anormales ».

Dès que les accusés ont quitté le tribunal, des cris ont fusé pour demander la libération de Oueld El Quinze.

L’un des accusés qui sera déféré devant la justice, le 7 octobre 2013, Mustapha Fakhfakh, a fait part de sa confiance en la justice tunisienne, ajoutant qu’il est « honoré de voir son affaire reliée à celle de Oueld El Quinze« , parce que, a-t-il dit,  »cette affaire concerne la défense de la liberté d’expression et de pensée ».

Sur un autre plan, la journaliste Hend Meddeb avait préféré quitter le pays et se trouve actuellement à Paris(France), selon l’avocat Ghazi Mrabet qui l’a appelée à revenir et à faire confiance à la justice tunisienne.

Un nombre important de représentants de médias nationaux et internationaux, ainsi que des chanteurs de rap, des défenseurs de droits de l’Homme, dont Souhir Belhassan, présidente de la Fédération internationale des droits de l’Homme, des élus de l’Assemblée nationale constituante, des militants du parti El Massar démocratique et social (Salma Baccar, Salma Mabrouk et Karima Souid) et du parti Nidaa Tounés (Khémaies Ksila) se sont rassemblés devant le Tribunal de première instance de Ben Arous.

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