La Chambre syndicale des crèches et jardins d’enfants s’interroge : « Que fait le ministère de la Femme? »

« Il y a une volonté politique derrière le maintien des jardins d’enfants coraniques ! » ont conclu les représentants de la Chambre syndicale des jardins d’enfants et des crèches, à la fin de la conférence de presse organisée à l’UTICA, le 17/06/2013, à l’occasion de la Journée de l’enfance.

« L’école est la vraie concurrence du temple, » disait un certain Ernest Renan (philosophe et écrivain français du XIXème siècle);  que dirait-t-il d’un mélange des genres? Les témoignages des représentants de la Chambre syndicale des jardins d’enfants et des crèches sur le sujet sont édifiants.

En effet, la période post 14 janvier pourrait être considérée comme celle du « Baby Boom des écoles coraniques ». Avec un nombre difficilement estimable, selon M.Abbas Taieb, président de la Chambre syndicale régionale de Ben Arous, ces structures ne cessent d’augmenter. Des structures, généralement sans statut juridique, qui ne se soumettent à aucun cahier des charges et existant sous forme d’associations caritatives, une des raisons qui empêche une réelle évaluation de leur nombre.

Ces jardins d’enfants ne sont donc pas agrées puisqu’ils n’ont pas de statut légal. « Pourquoi donc se soumettre à un cadre juridique émanant d’un régime corrompu ? » a eu droit pour toute réponse Mme. Telili, qui se dit avoir été menacée après avoir demandé l’origine des financements de ces jardins d’enfants.

Autre interrogation soulevée : « Pourquoi nous cache-t-on l’origine de ces financements ? », se sont demandés les représentants à l’unanimité.

Les jardins coraniques seraient par ailleurs, comme tout le secteur de l’informel, une concurrence déloyale pour les jardins agrées. Car, ces établissements coraniques, paradoxalement payés par les parents- ce qui ne traduit pas le caractère caritatif des formes associatives sous lesquelles ils existent-, ne payent pas d’impôts.

Et bien plus, le vrai danger résiderait dans les programmes que proposent ces jardins plutôt que dans leur statut illégal, affirme Mme.Telili. « Quels sont les programmes pédagogiques donnés aux enfants ? Qui contrôle ces programmes, s’ils existent déjà ? » Telles sont les questions qui sont en droit d’être posées.

Ainsi, l’enfant est menacé car il se trouve manipulé. Allant plus loin dans son raisonnement, Mme Telili a souligné que « l’enfant  servirait dans ce cas comme un simple objet à la manipulation politique ».

Mme. Radhia Hanini, représentante de la Chambre régionale de la Manouba, s’est interrogée également sur la formation des animatrices de jardins d’enfants coraniques, qui se voient décerner des diplômes de formation- qui les délivre?- et qui  n’ont généralement pas l’aptitude et la pédagogie nécessaires.

La Chambre syndicale nationale a déjà essayé d’attirer l’attention du ministère de la Femme sur la question. Aucune réponse ne lui a été donnée, a déclaré Mme Telili. Le ministère de la Femme semble ignorer par ailleurs toutes les propositions de la chambre. Ce qui dénoterait un manque réel de sérieux, pour aborder le sujet de l’existence de ces structures.

M.Taieb Abbass affirme qu’une proposition de constitution d’un comité mixte, rassemblant les représentants de la chambre et des ministères, afin d’estimer le nombre des jardins non agrées (quelque soit leur nature) a été ignorée. Une autre proposition, sur l’élaboration d’un cahier des charges, reste encore lettre vaine, à l’état de brouillon.

Il n’y a pas de volonté politique de dénombrer les jardins coraniques non agrées, pire encore, les pouvoirs locaux cacheraient même leurs existences, ont consenti les représentants de la chambre.

 

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