Le travail domestique des enfants: un rapport de l’OIT troublant

Selon le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), publié le 12 juin 2013, le travail des enfants continue à constituer l’une des préoccupations mondiales actuelles.

Le rapport, s’intéressant particulièrement au travail domestique des enfants, c’est-à-dire effectuant des tâches ou services domestiques (nettoyage, repassage, cuisine, jardinage, collecte d’eau ou surveillance des enfants dans un contexte de relation d’emplois) estime que 10.5 millions d’enfants travaillent, un chiffre inquiétant, alors que le nombre d’enfants effectuant un travail domestique n’est pas encore connu.

Rémunérés ou non, ces enfants poussés par l’indigence de leurs familles, sont privés de possibilité d’études, subissent des violences domestiques ou encore sont déplacés vers des zones urbaines , se retrouvant  à travailler parfois dans des conditions dangereuses équivalentes à l’esclavage, des conditions généralement favorisées par la relation qu’ils entretiennent avec leurs employeurs : une relation de dépendance aggravée parfois par des violences psychologiques, physiques ou sexuelles.

Des chiffres préoccupants

15.5 millions d’enfants, âgés de 5 à 17 ans, étaient actifs dans le monde du travail domestique en 2008, dont 7.4 millions appartenant à la tranche d’âge de 5 à 14 (ce qui représente 4 % de la totalité des enfants travailleurs de cette même tranche d’âge : 176 452 000 d’enfants) et 8.1 millions ceux âgés de 15 à 17 ans soit 6.3% de la totalité des enfants travailleurs dans la même tranche  : 129 217 000 .

Indépendamment de la tranche d’âge, les filles sont plus sujettes au travail domestique que les garçons, une différence importante avec un nombre de 11 331 000 de filles contre 4 193 000 de garçons.

Un travail qui expose à tous les dangers

Le rapport mentionne, en effet, des travaux domestiques dangereux (sous-groupe du travail des enfants dans le travail domestique) mettant en danger la santé, la sécurité ou la moralité des enfants : la pire forme de travail des enfants d’après la convention n°182 de l’OIT. Encore plus inquiétant, presque la moitié des enfants du travail domestique effectuent des travaux dangereux. Les conditions des travaux dangereux incluent de longues heures de travail, dépassant 43 heures par semaine, travail de nuit, exposition à des mauvais traitements physiques ou des abus sexuels (avec toujours une prédominance des filles : 5.8 millions de filles contre 2.3 millions de garçons). En effet, le travail domestique des enfants déjà ambigu, vu la nature de la relation qui existe entre l’employé ‘enfant’ et employeur ‘ famille accueillante’ (qui se présente comme bienfaitrice) expose l’enfant à des traitements abusifs qui vont de la discrimination et l’isolement (différence de hiérarchie sociale entre la famille qui emploie et l’enfant, ou d’ ethnie) à des risques significatifs pour la santé car les tâches domestiques comportent ‘’ le transport de lourdes charges (dont de l’eau, de la lessive, du carburant et d’autres enfants), la manipulation de produits chimiques ménagers toxiques, le jardinage, l’élevage et le travail avec des couteaux, des casseroles chaudes et des fers à repasser etc et l’entrave au droit à l’éducation et au jeu de ce dernier.

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