La Douane se veut plus éthique

Le 14 juin 2013, a eu lieu la clôture de l’atelier « Développement de l’éthique douanière », intégrant la deuxième phase du programme Columbus entrepris par la Douane tunisienne, en partenariat avec l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD). L’atelier  de travail avait déjà été inauguré le 11 juin courant par le ministre des Finances Elyès Fakhfakh.

Le programme Colombus, selon l’OMD, se décompose en trois phases. La première consiste en l’évaluation des besoins, autrement dit à diagnostiquer la situation actuelle de la douane tunisienne du point de vue capacité de développement général et conformité avec les normes internationales, sur la base d’un cadre de diagnostic de l’OMD (outil reconnu par les UN, FMI, BM et OCDE). Puis vient la deuxième phase, dont fait partie l’atelier, et qui consiste en un projet de plan d’actions comprenant les mesures prises par les groupes de travail des agents de la douane : préparation d’un programme de modernisation complet et  « l’obtention d’un soutien politique et financier approprié », jusqu’à la mise en œuvre complète. Et finalement, la dernière phase qui consiste à surveiller et évaluer les progrès.

Avec la participation à ce programme, la douane voudrait rénover son image.  Ainsi, selon M. Meddeb, Directeur Général des Douanes, en intégrant le programme Colombus, la douane affiche une réelle volonté d’aborder la corruption, non plus comme un tabou et à se confirmer aux règles de l’Ethique.

En effet, selon le dernier rapport de la Banque Africaine de Développement, paru en 2013- intitulé « Vers un nouveau modèle économique pour la Tunisie : Déterminer les contraintes majeures à une croissance généralisée »- le niveau de corruption des services douaniers peut constituer une source de problèmes pour la Tunisie, car il peut museler l’une des principales sources de croissance de l’économie, le commerce international. Le même rapport souligne que, selon une étude faite par le cabinet de conseil Comète engineering en 2012, la gouvernance et la gestion du port sont relativement médiocres à cause de la centralisation des pouvoirs de décision et du manque de gouvernance réactive et responsable.

Mme. Patricia Revesz , conseiller développement de l’éthique à l’OMD, se veut rassurante: « Il ya un réel souhait de rehausser l’image de la douane auprès du public ».

Un message soutenu par M. Meddeb qui qualifie le plan d’action élaborée suite à l’atelier, comme travail à titre préventif mais qui devrait cependant engager le maximum d’agents douaniers. « Il ne faut pas se contenter de faire un document, mais continuer ce processus jusqu’à la concrétisation dans la conduite de tous les jours des agents de la douane plus particulièrement », ajoute M. Meddeb.

Les réformes auraient aussi pour objectif de rétablir non seulement la confiance des citoyens et du secteur privé dans les services douaniers mais aussi celle des agents de la douanes en eux-mêmes.

Cela demanderait donc un personnel engagé et motivé, ayant reçu des formations adéquates, car les réformes les plus importantes sont celles qui concernent la gestion des ressources humaines. D’autres mesures peuvent être également prises, telles que la dématérialisation des procédures au sein de la douane et donc moins d’intervention d’agents.

Le programme de réformes, qualifié d’ambitieux, nécessitera des moyens tant humains que matériels rappelle M.Meddeb, concluant que ‘toutes les parties, dont les ministères, sont prêts à allouer les ressources et équipements nécessaires. »

 

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