Où sont les Ligues dites de protection de la révolution ?

Quarante-cinq jours déjà qu’une cinquantaine de salafistes jihadistes sèment la mort et le désarroi notamment dans le Jebel Chaambi aux abords de la ville de Kasserine depuis quelques jours. Les mines antipersonnel qu’ils ont essaimées un peu partout ont fait plusieurs morts et blessés parmi les forces de l’ordre et les militaires qui les traquent. Un berger a été blessé lundi et son troupeau de moutons décimé en partie après l’explosion d’une mine plantée au bord d’une route de la région. Quelques jours auparavant, ce sont deux jeunes sous-officiers de l’armée qui ont été déchiquetés et deux autres blessés quand leur voiture tout-terrain a sauté sur une mine bien plus puissante que celles utilisées auparavant. De tragiques exemples parmi tant d’autres.

A vrai dire, les violences liées à des groupes extrémistes, dont ceux de Chaambi, de Kairouan, de la cité Ettadhamoun, les Ansar al-Chariaa et bien d’autres, ne datent pas d’hier. En effet, les actes criminels des terroristes cachés dans les régions de Kasserine et du Kef, frontalières de l’Algérie, et ailleurs aussi, sont une continuité de ce qui s’est passé à Ben Guerdane, à Bir Ali Ben Khalifa, à Rouhia…quelque temps après le 14 janvier. Une continuité de l’attaque de l’ambassade américaine un certain 11 septembre 2012. En relation également avec les  caches d’armes et d’explosifs découvertes de temps à autre dans des quartiers populaires de la capitale…Et dire que tout le monde savait que le vers était dans le fruit, mais on a décidé de laisser faire, à dessein, «  nos enfants qui nous rappellent notre jeunesse. »  Quant à « l’intérêt supérieur du pays », juste un discours parmi tant d’autres, pour la consommation intérieure. Ce qui compte d’abord, principalement, en premier lieu, c’est le pouvoir et ils le disent haut et fort en plein public d’autant plus qu’ils ont décidé d’entamer, la semaine écoulée,  leur campagne électorale bien avant l’heure…A vrai dire ils n’ont jamais, depuis qu’ils sont là, cessé leur campagne de propagande…

Reste que « les frères » d’hier sont devenus « des bandits de grand chemin » aujourd’hui. En raison d’une divergence de méthode puisque l’objectif final est le même. Une divergence d’approche, mais aussi  des calendriers internationaux complètement différents car dépendant grandement de commanditaires qui tirent les ficelles dans toute la région et même ailleurs. Le peuple syrien est à ce propos l’exemple type de la victime des ingérences extérieures et de l’affrontement islamo-islamique, sunnite-chiite, par milices interposées. Mais aussi des « légions étrangères » enrôlées à Tunis, Casa, Alger, Tripoli et ailleurs pour défendre le wahabisme et instaurer de nouvelles dictatures au nom de l’Islam. Un Islam à eux, tel qu’interprété par des « ulémas » mercenaires à la solde du plus offrant, payé en pétrodollars et dont certains ont été invités chez nous pour nous apprendre à « couvrir de la tête aux pieds d’innocentes fillettes à peine sortie de la deuxième enfance », venus nous apprendre de même « comment procéder à l’excision  de nos femelles » et «  comment également  laver nos morts à leur manière bien évidemment »…Violence verbale, agression culturelle, mines, épées et kalachnikovs…pour mater les récalcitrants, ceux qui luttent pour la séparation de la religion de la politique et que l’on présente au peuple comme des ennemis de l’Islam. Une propagande et des discours basés sur la manipulation, le mensonge même et le leurre…Et s’il le faut la violence…

Et c’est ainsi que l’on peut comprendre « ces pauvres bénévoles » de ces ligues dites de protection de la révolution. Oui des bénévoles, les pauvres, qui ont décidé un beau jour de défendre la révolution avec des moyens très modestes. Oui, ils ne sont à la solde de personne. Ils sont jaloux des acquis de la révolution qu’ils défendent surtout quand il y a des meetings et autres rassemblements populaires des partis d’opposition, principalement à l’intérieur du pays. A Gafsa, à Djerba, au Kef, à Tataouine…et partout ailleurs, ils étaient là pour cogner, frapper, insulter, malmener….Ils étaient là, obéissant aux ordres de leurs maîtres, sinon comment expliquer leur silence face aux actes terroristes, criminels, antirévolutionnaires des jihadistes de Chaambi et d’ailleurs. Pourquoi ces fervents défenseurs de la révolution n’étaient-ils été sur place pour nous débarrasser de ces ennemis du peuple et de sa révolution. Ils n’ont pas bougé le petit doigt, même pas une condamnation…Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils sont du même bord : ils sont eux aussi adeptes de la violence verbale et physique et prêts à tout pour défendre leur gagne-pain et obéir au doigt et à l’œil à leurs commanditaires…En fait,  le peuple n’a pas besoin d’eux. Il saura se défendre lui-même le moment voulu. Il saura comment défendre sa révolution et la préserver de tous les terroristes, de tous les extrémistes et de tous les opportunistes, parce que lui, contrairement à d’autres, il n’a pas oublié ses souffrances endurées durant les années de dictature. Et parce qu’aussi il est déterminé à ne faire allégeance, contrairement à d’autres aussi, qu’à la Tunisie.

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