Faycel Derbel propose un plan de relance pour redresser l’économie tunisienne

Quelles solutions pourraient être proposées pour un redressement de l’économie tunisienne ? Si les visions des experts et des économistes divergent sur les choix de stratégies à adopter, elles convergent toutes cependant vers la même conclusion, à savoir : un plan de relance à adopter en urgence, au vu de la conjoncture actuelle.
Une feuille de route, définie par Faycel Derbel, membre du comité directeur de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise (IACE), sous le vocable de « vision », propose également des solutions, s’ajoutant ainsi au pool de recettes salvatrices de l’économie tunisienne.
Un contexte périlleux 
La comparaison des résultats des deux premiers trimestres, pour les deux dernières années 2012 et 2013, à fin avril, et quelques indicateurs font ressortir et reflètent « une situation critique et difficile, mais loin d’être désespérée et catastrophique ».
Il faut noter tout d’abord, la dégradation de certains indicateurs : un taux d’inflation à la hausse (6.2% en 2013 contre 5.5% en 2012), avec une persistance inflationniste décrite comme nuisible à tous les acteurs économiques; une baisse des avoirs en devises (95 jours en 2013 contre 100 jours en 2012), expliquée entre autres par la régression des Investissements directs étrangers(IDE) et la baisse des recettes touristiques; des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat montrant un solde budgétaire déficitaire de 657 MDT, selon les données fournies par le ministère des Finances.
Viennent ensuite d’autres indicateurs financiers et monétaires, fournis également par la Banque Centrale de Tunisie (BCT), qui relèvent un taux de change face à l’Euro à la hausse (2.138 en 2013 contre 2.012 en 2012), de même que face au dollar (1.636, 2013 contre 1.614,2012).
Mieux vaut être réaliste
Selon M. Derbel, la devise « Mieux vaut être optimiste et se tromper que pessimiste et avoir raison » ne serait pas applicable à ce niveau. Il préconise, au contraire, une évaluation de la situation « à sa juste valeur » et une réflexion sur les  éléments clés qui pourraient « infléchir cette tendance ».
Même si ces éléments clés ne sont pas identifiables d’une manière simple à court terme, la mise en place d’un plan de relance économique pourrait être adoptée à partir de juillet 2013 « couvrant ainsi le second semestre de l’année 2013 et toute l’année 2014, sur une période totale s’étalant sur 18 mois ».
Il ajoute que ce plan devrait engager autour de lui, fermement et incontestablement, toutes les parties prenantes à savoir: l’Assemblé nationale constituante (ANC), les centrales syndicales et les forces ouvrières, piliers de la croissance économique, et le pouvoir exécutif dont le rôle passe par l’adoption de décrets-lois couvrant de vastes domaines, comme le « dossier des hommes d’affaires, l’incitation à l’investissement tous azimuts, pour les jeunes et nouveaux promoteurs, ainsi que pour les investisseurs potentiels’’.
Les mesures de relance devraient, en impliquant la société civile, les organisations professionnelles et les think tank, inclure le secteur bancaire et touristique.
L’auteur de la feuille de route propose « la consolidation des fonds propres des banques insuffisamment capitalisées », à titre d’exemple, et « une révision de la fiscalité indirecte, dont des taxes sur le chiffre d’affaires », pour le secteur du tourisme.

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