Un frottis au vinaigre pour le dépistage du cancer du col de l’utérus pourrait sauver des milliers de femmes dans le monde

Une méthode simple et bon marché de dépistage du cancer du col de l’utérus pourrait potentiellement sauver chaque année près de 95 000 femmes dans le monde dont 22 000 en Inde. C’est ce que viennent de révéler des spécialistes indiens, lors de la conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) à Chicago; le grand rendez-vous des cancérologues du monde entier qui a vu l’étrange cohabitation entre des médecins qui tentent de favoriser la prévention de ce cancer avec les moyens du bord et les laboratoires pharmaceutiques qui se pressent pour faire connaître leurs nouveaux médicaments, leurs molécules en expérimentation et leurs moyens de dépistage les plus sophistiqués et donc onéreux.

Pandémie

Le cancer du col de l’utérus, rappelle l’agence AFP, atteint plus d’un demi-million de femmes par an dans le monde. C’est le troisième cancer le plus fréquent chez la femme et l’une des principales causes de mortalité féminine par tumeur maligne dans le monde (la première en Inde), avec approximativement 275 000 décès chaque année. Malheureusement, dans de nombreux pays, les femmes ne peuvent pas bénéficier d’un frottis, qui permet non seulement de diagnostiquer la tumeur, mais aussi d’identifier des lésions précancéreuses qui, si elles sont retirées à temps, n’évolueront pas vers la maladie. En cause : l’absence d’infrastructures, les difficultés logistiques, le manque de personnel qualifié et le coût de cet examen. Cela explique que plus de 80 % des femmes atteintes de ce type de cancer vivent dans des pays en développement.

Un dépistage à base de vinaigre

On comprend mieux, dans ces conditions, l’importance des travaux de Surendra Srinivas Shastri, professeur de cancérologie préventive au Tata Memorial Hospital à Bombay. Avec son équipe, il a mis en place un dépistage à base de vinaigre. Le test est réalisé en appliquant ce liquide sur le col de l’utérus à l’aide d’un coton-tige. Après une minute, le col est examiné à l’œil nu par une personne formée (cela prend quelques semaines) à l’aide d’une lampe halogène. Si les tissus deviennent blancs, c’est qu’ils sont précancéreux; sinon leur couleur ne change pas.

L’efficacité de ce programme a été évaluée pendant 15 ans auprès de 150 000 femmes indiennes âgées de 35 à 64 ans, sans antécédent de cancer et qui ont toutes bénéficié d’une prise en charge gratuite en cas de diagnostic positif. La moitié d’entre elles a bénéficié de cet examen tous les deux ans et l’autre non. Les femmes non dépistées étaient invitées à signaler au personnel la survenue de symptômes pouvant évoquer un cancer du col de l’utérus, selon les informations dispensées lors des séances initiales d’information.

Un test pour les pays pauvres

Le résultat est sans appel : le nombre de cas de cancer utérin a été comparable dans les deux groupes (inférieur à 27 %), mais le taux de mortalité a diminué de près d’un tiers chez les femmes ayant subi le test. C’est pourquoi, les auteurs de ce travail estiment qu’il pourrait sauver de nombreuses vies. D’ailleurs, les autorités sanitaires indiennes de l’État de Maharashtra, où l’essai s’est déroulé, vont former des agents de santé capables de le réaliser et le gouvernement indien envisagerait d’étendre ce programme à l’échelle du pays, ainsi que de diffuser cette technique dans d’autres pays pauvres.

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