Débat sur les problématiques des PME tunisiennes

La restructuration financière des PME tunisiennes a été au centre d’une conférence-débat, organisée mardi 4 juin à Sfax, à l’initiative conjointe du Centre des jeunes dirigeants (CJD), de l’Ecole Supérieure de Commerce de Sfax et de la Fondation Konrad-Adenauer.

 D’éminents experts, tels que Mustapha Kamel Ennabli et Jalloul Ayed, ont pris part à cette conférence, ainsi que plusieurs chefs d’entreprise, des représentants du secteur bancaire et des professionnels de la finance.

 M. Mustapha Kamel Nabli, ex-gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie a, à cette occasion, déploré la complexité des problèmes des PME tunisiennes, soulignant que «les problèmes des PME n’ont jamais pu être résolus, en Tunisie, en dépit des diverses mesures entreprises».

 Il a indiqué que le taux élevé de création d’entreprises, qui est de l’ordre de 12%, avec la création en moyenne de 50 mille entreprises tous les 10 ans, ne doit pas occulter la prédominance du caractère individuel de ces sociétés.

  Il a évoqué, à ce propos, les chiffres de l’INS (Institut National de la Statistique) et de la Banque Mondiale, se rapportant au répertoire des entreprises tunisiennes en 2011, lesquels révèlent que 87% des 600 mille entreprises répertoriées sont des sociétés individuelles, alors que les entreprises employant plus de dix personnes ne représentent que 2%.

 L’ex-gouverneur a précisé que les entreprises créées sont, dans leur grande majorité, des unités individuelles qui n’ont pas de capacités de création d’emploi, ce qui explique la crise du chômage qui sévit dans le pays.

 Les banques jouent, d’après lui, un rôle très limité dans le financement des entreprises nouvellement créées qui ont recours à des fonds propres et familiaux.

 De son côté, M. Jalloul Ayed, l’ex-ministre des Finances dans le gouvernement Essebsi, a critiqué la nouvelle Constitution de la Tunisie qui ne comporte aucune référence, selon lui, à l’économie, contrairement aux Constitutions des pays développés tels que l’Allemagne.

 Il s’est interrogé sur l’existence d’une politique des PME et des TPE (Très Petites Entreprises) en Tunisie, mettant l’accent sur l’intérêt qu’il convient d’accorder à la micro-finance et à l’accompagnement des petites entreprises pour pouvoir relever les défis de l’investissement.

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