Panneaux solaires : bras de fer entre Bruxelles et Pékin

La Commission européenne a décidé, ce mardi 4 juin, d’infliger des droits de douane à la Chine en rétorsion pour ses exportations de panneaux solaires, une affaire qui pourrait bien se muer en vraie guerre commerciale.

Cette décision est motivée par des accusations de dumping et de subventions illégales. Ainsi, Bruxelles évoquait depuis plusieurs semaines un taux «moyen» de douane de 47%. Elle envisage désormais des droits de douane progressifs et moins élevés, avec un premier palier de l’ordre de 12% jusqu’en août. La pénalité serait ensuite relevée, si la Chine et ses producteurs refusaient une hausse de prix négociée.

Exportations chinoises et chômage en Europe

Le contentieux sur les panneaux solaires est le plus lourd engagé par Bruxelles contre Pékin: les livraisons chinoises atteignent 20 milliards d’euros. La République populaire est de loin le numéro un mondial et exporte 80% de sa production vers l’UE, premier marché de la planète. Mais les sanctions risquent d’arriver trop tard: l’industrie européenne, à l’origine de la plainte déposée l’an dernier, est déjà laminée. Quelque 30.000 emplois seraient en jeu.

Divisions

Le bras de fer divise également l’Union européenne. L’Allemagne, premier partenaire commercial de la Chine, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et quatorze pays militaient pour une issue négociée, sans sanction, même à titre provisoire. La France et l’Italie ont en revanche appuyé la décision de la Commission européenne.

Menaces chinoises

Selon le quotidien français Le Figaro, la Chine, elle, réfute les accusations de dumping venues de l’UE. Elle a menacé de porter l’affaire devant l’OMC et d’engager des représailles commerciales ciblées.

En réalité, l’affaire des panneaux solaires n’est peut-être que le coup de semonce d’une confrontation plus large sur les nouvelles technologies. La Chine est montée en gamme plus vite que prévu, et l’Europe, comme les États-Unis, cherchent à protéger désormais leurs industries d’avenir  de toute pratique déloyale. Bruxelles vient ainsi de lancer les prémices d’une autre enquête antidumping contre Huawei et ZTE, deux géants chinois des télécoms. Ils sont prêts à fondre sur l’Europe dès qu’elle investira massivement dans ses réseaux téléphoniques 4G.

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