Open-space la porte ouverte aux maladies ?

L’open-space fait depuis environ une décennie fureur dans les entreprises, touchant tous les secteurs d’activités. Cette organisation des espaces de travail a l’avantage de répondre à la fois aux contraintes économiques et aux enjeux de performance. L’adoption de ce type d’aménagement a ainsi permis aux entreprises de réduire de 30 à 50 % les surfaces de travail.

Vu de loin, l’open – space se veut convivial où la communication est favorisée et le travail collectif encouragé. Cependant, une étude publiée dans le Scandinavian Journal of Work Environment and Health montre que ces espaces ne sont pas ce qu’il y a de mieux pour travailler.

 En effet, les employés travaillant en open – space sont, selon l’étude, moins productifs, moins heureux et plus susceptibles de contracter des maladies.

Une équipe de chercheurs s’est intéressée en 2011 à quelque 2403 salariés danois, âgés de 18 à 59 ans, qui évoluent dans des environnements de travail différents, comparant les déclarations d’absence pour maladie.

Ainsi les résultats montrent un taux d’absentéisme plus élevé chez les salariés qui travaillent dans un open – space. Ceux-ci ont, selon le rapport,  un plus grand nombre de jours de maladies auto-déclarés par an que les employés qui travaillent dans un bureau individuel avec un rapport de 8 pour 4.9 en moyenne.

Plusieurs facteurs ont été mis en avant, avec en tête de peloton la nuisance sonore : le bruit en permanence engendre chez les salariés un stress difficilement gérable, d’où une plus grande vulnérabilité face aux maladies, les troubles de la concentration et le manque de productivité. A cet effet 54 % des employés interrogés auraient affirmé ne pas arriver à s’adapter aux bruits causés par les  conversations, les sonneries de téléphone et le bruit de fond  en continu.  De plus, l’étude précise que les personnes de plus de 45 ans sont les plus distraites par des bruits de bureau.

A cela s’ajoute le fait qu’un espace ouvert est propice à la propagation des germes. Les mesures d’hygiène étant souvent négligées (comme le fait de manger sur place ou ne pas se laver les mains) la prolifération et la transmission de germes sont alors favorisées.

Il existe pourtant des alternatives, les spécialistes de l’aménagement des espaces de travail prônent, en effet, une optimisation des open – spaces par le biais de la création d’espaces de repos, permettant aux salariés de retrouver une certaine intimité,  des espaces où les échanges entre employés peuvent se faire sans  perturber le travail collectif et l’aménagement des zones de travail en fonction du type d’activité.

Cette étude amène de manière générale à revoir les habitudes de vie au travail. Avant tout, des efforts sont à faire en matière d’information sur les bienfaits des bonnes habitudes au bureau allant des règles d’hygiène à la lutte contre la sédentarité, dans une optique de bien-être souvent sacrifiée au profit  de la productivité.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here