Achraf Ayadi réagit à la dégradation de la note souveraine de la Tunisie : « Difficile d’être optimiste… »

Interviewé sur Cap Fm au sujet de la nouvelle dégradation de la note souveraine de la Tunisie, de BA1 à BA2 par Moody’s, Docteur Achraf Ayadi, expert financier, basé à Paris n’a pas caché son pessimisme quant à la tournure qu’a prise la situation économique en Tunisie.

« Cette nouvelle dégradation envoie un très mauvais signal aux investisseurs étrangers,  reflète  un climat d’affaires incertain peu propice à la prise de risques et une situation préoccupante des finances publiques et risque de placer le pays dans la sphère des pays insolvables », s’alarme Achraf Ayadi.

Et d’ajouter : «  Depuis janvier 2011, Moody’s et Standard & Poor’s ont dégradé 5 fois la note souveraine de la Tunisie. Fitch Ratings l’a, de son côté, dégradée trois fois. Parallèlement, l’agence de notation japonaise R&I a abaissé la notation de la Tunisie en la plaçant sous surveillance négative. La concordance entre toutes ces agences reflète l’importance des risques qui pèsent sur le pays. »

Toujours selon Achraf Ayadi, la nouvelle dégradation résulte principalement de l’instabilité politique et sociale, le manque de visibilité et l’absence d’un agenda consensuel pour l’étape à venir mais également de la situation préoccupante de la trésorerie,  la faiblesse des ressources en devises et  l’incapacité de la Tunisie à honorer ses dettes en devises.

Cette situation générera  l’augmentation des taux  des futurs prêts du fait d’une augmentation du risque traduite par la dégradation.

Achraf Ayadi a, par ailleurs, rappelé que la Tunisie, qui avait la même notation risque  (BA1) que le Portugal, le Maroc et la Hongrie, se trouve aujourd’hui avec sa nouvelle notation (BA2) dans la même catégorie que l’Arménie et la  Jordanie.

La nouvelle notation assortie de perspectives négatives ouvre aussi la voie, selon Dr Ayadi, à de nouvelles dégradations. Chose qui risque de classer la Tunisie avec des pays comme l’Angola, le Salvador, la Bolivie et le Bangladesh.

La sortie de la crise ne peut se faire, selon M. Ayadi, qu’en accélérant la phase de transition et en réactivant les trois moteurs de la croissance : les IDE, le tourisme et les exportations.

«  Or avec toutes les incertitudes qui pèsent sur le pays  et face à une transition qui s’installe dans la durée, il sera difficile de mettre en marche ces moteurs de croissance », renchérit l’expert financier.

« Il y a des jours comme celui -là, où je n’arrive pas à être optimiste… », conclut-il.

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