Les réserves en devises représentent 95 jours d’importation

Le Conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), réuni lundi 27 mai à Tunis, a affirmé qu’au 24 mai 2013, les réserves en devises se sont établies à 10,291 MDT ou l’équivalent de 95 jours d’importation, contre 9,831 MDT et 101 jours un an plus tôt et 119 jours à fin 2012.

 Cette situation s’explique par « la persistance des pressions sur la balance des paiements sous l’effet de la baisse de l’excédent des opérations financières avec l’extérieur, en rapport avec la contraction des revenus au titre aussi bien des investissements directs étrangers que des tirages sur emprunts à moyen et long termes, en dépit d’une relative détente du déficit courant durant les quatre premiers mois de l’année en cours pour atteindre 2,5% du PIB, contre 2,8% une année auparavant », précise un communiqué de la BCT.

Le conseil est revenu sur le taux de change du dinar qui a connu, depuis le début du mois de mai, des tensions qui se sont traduites par une dépréciation de 4,1% vis-à-vis de l’Euro et de 6,1% par rapport au dollar américain jusqu’à la mi-mai et en comparaison de la fin de l’année dernière, atteignant des plus hauts niveaux lors des échanges interbancaires (environ 2,2 dinars vis-à-vis de l’Euro et 1,69 dinar par rapport au dollar), et ce, sous l’effet de la concomitance des demandes de la part de certaines entreprises sur le marché des changes, soit pour le règlement d’importations ou pour le transfert de bénéfices.

 « Grâce aux interventions de la BCT sur le marché des changes dans le cadre de son rôle régulateur, ces tensions se sont atténuées, ce qui a permis un retour à une évolution normale du taux de change du dinar, soit 2,1385 dinars pour un Euro et 1,65 30 pour un dollar au 24 mai », précise le communiqué.

Quant à la variation des prix, le Conseil précise que l’indice général a connu une évolution positive avec un léger ralentissement de son rythme d’accroissement.

En effet, le taux d’inflation est revenu de 6,5% en glissement annuel en mars 2013, à 6,4% au mois d’avril 2013.

Toutefois, la variation mensuelle de l’indice (0,7% contre 0,6% un mois auparavant) confirme la persistance des tensions inflationnistes pour la plupart des produits de consommation en dépit de la baisse des prix des produits alimentaires frais.

Sur le plan monétaire, le Conseil relève que le repli des besoins en liquidités des banques s’est poursuivi en avril 2013 et pour le deuxième mois consécutif, ce qui a entraîné une baisse des interventions de la BCT sur le marché monétaire revenant à 3,482 MDT en moyenne quotidienne, contre 3,560 MDT en mars 2013.

 S’agissant du taux d’intérêt moyen sur ce marché, il a poursuivi sa tendance haussière pour atteindre 4,70% en avril, contre 4,33% un mois plus tôt, souligne le Conseil de la BCT.

Lors de L’examen de la situation de l’activité du secteur bancaire, le Conseil a enregistré le ralentissement du rythme de l’accroissement de l’encours des dépôts, au cours des quatre premiers mois de l’année courante

(1,9% contre 3,6% un an plus tôt), parallèlement à la décélération des concours à l’économie, au cours de la même période (2,5% contre 3,5%), suite notamment à la baisse continue des crédits à court terme, sachant que l’augmentation des crédits a concerné les secteurs productifs au détriment des crédits à la consommation.

 Le Conseil est revenu à cette occasion sur les estimations de la croissance économique, durant le premier trimestre de l’année en cours, qui s’est établie à 2,7% en rythme annuel (contre 4% le trimestre précédent et 4,6% enregistré au cours de la même période de l’année précédente).

Il s’est interrogé  sur l’impact de ce résultat sur la capacité d’atteindre l’objectif de croissance pour l’année  2013 fixé à 4%.

Cette évolution est imputable au repli de l’activité au niveau des secteurs de l’agriculture et pêche (-1,6%) et des industries non-manufacturières (-0,2%), qui demeurent tributaires surtout de la production minière, alors que les secteurs des industries manufacturières et les services du transport et des télécommunications ont affiché une évolution positive.

Par ailleurs, le Conseil a noté la poursuite de la bonne tenue de l’indice de la production industrielle au mois de mars dernier, et ce, pour le neuvième mois consécutif, en rapport avec l’amélioration de la production des industries mécaniques et électriques et celle des industries textiles, habillement, cuir et chaussures, relevant toutefois le repli continu des indicateurs de l’activité touristique depuis le début de cette année.

Le Conseil a, par ailleurs, passé en revue les évolutions récentes de la conjoncture économique mondiale compte tenu des derniers indicateurs relatifs au premier trimestre de l’année en cours et qui reflètent une disparité du rythme de l’activité économique entre les principaux pays avancés. Concernant la Zone Euro, le conseil relève  que la récession s’est poursuivie pour le cinquième trimestre consécutif, avec une accentuation du repli de la croissance par rapport au dernier trimestre de l’année 2012, touchant la plupart des économies de la zone. A l’inverse, les indicateurs récents montrent un regain progressif de dynamisme de l’économie américaine.

Au regard de ces évolutions, le Conseil a mis l’accent sur la nécessité de conjuguer tous les efforts afin de favoriser un climat propice au retour de l’activité économique en général et dans les secteurs exportateurs, en particulier, au rythme requis permettant de préserver les équilibres financiers internes et externes et a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale.

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