Amnesty International : quel avenir pour les droits de l’Homme?

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ». Ce n’est qu’une citation extraite d’une lettre de Martin Luther King écrite  en prison de Birmingham, le 16 avril 1963.

Une cinquantaine d’années ont passé et ce cri est encore retentissant, traversant les époques et les contextes pour devenir, malheureusement, atemporel.

Sondes Garboug, la présidente de la section tunisienne d’Amnesty International,  a tenu une conférence de presse à Tunis, aujourd’hui mardi, pour présenter le bilan des droits de l’Homme en 2012. Voici que le rapport d’Amnesty International sur la situation des droits humains  2013 dans le monde vient assombrir la scène et dévoile des chiffres alarmants et des pratiques abominables subies par les citoyens  dans 159 pays et territoires tout en couvrant une période qui s’étale du 1er janvier au 31 décembre 2012.

En lisant le rapport, on a la désagréable impression que les violations aux droits de l’Homme se sont transformées en pieuvre qui n’épargne aucune race. Le mal a plus qu’un nom et plus qu’une facette si on en croit ce rapport : violence intercommunautaire, atteinte aux droits humains, utilisation d’enfants soldats, discrimination, peine capitale et torture. Tous ces interdits absolus se rejoignent pour incinérer les droits de l’Homme ou ce qu’il en reste à l’heure actuelle.

On dit que les chiffres ne mentent pas : 80 pays ont systématiquement mené des procès inéquitables qui empêchent leurs citoyens d’obtenir justice ; 100.000 personnes ont été obligées de quitter leurs foyers au Kordofan du Sud afin de fuir les bombardements aveugle menés par les forces armées du Soudan ; 1,4 million de personnes ont fui la Syrie et quatre millions environ sont déplacées à l’intérieur des frontières à cause des batailles sanglantes entre l’armée syrienne et les miliciens, et 21 gouvernements ont procédé à des exécutions en 2013 et 15 millions de réfugiés dans le monde début 2012 dont 46% avaient moins de 18 ans et entre 794.000 et 1.115.000 morts à cause de combats livrés au cours de 131 conflits armés.

Ce qui interpelle le plus dans ce rapport est la situation des droits de l’Homme dans  les  pays qui ont connu « le Printemps arabe » : Tunisie, Lybie, Syrie, Egypte et Yémen .Ce prétendu printemps n’a pas apporté son lot de liberté et d’affranchissement tant attendu et les médias bien qu’ils jouissent d’une liberté nouvellement acquise mais le « revers de cette liberté n’est point enchantant puisque elle est remise en question pour des motifs religieux ou moraux» . Ainsi les poursuites judiciaires à l’encontre des journalistes est un signe alarmant parmi d’autres. De même, force est de constater que ces pays sur la voie de la transition démocratique peinent, pour une raison ou une autre, à préparer une feuille de route pour le processus transitionnel et les réformes demeurent actuellement limitées.

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