Kerry en Israël : « Des décisions difficiles doivent être prises »

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a exhorté vendredi 24 mai Israéliens et Palestiniens à “prendre des décisions difficiles“, pour revenir aux négociations, au terme de sa quatrième visite en Israël et dans les Territoires palestiniens depuis sa prise de fonctions.

 “Nous nous approchons du moment où des décisions difficiles doivent être prises”, a-t-il déclaré après avoir rencontré les dirigeants israéliens et palestiniens au cours des deux derniers jours. “Il est clair que le statu quo n’est pas tenable à long terme. Au final, il faudra que les deux parties fassent preuve de leadership pour parvenir à la paix“, a plaidé John kerry lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Tel-Aviv juste avant son départ.

Scepticisme

Interrogé sur la politique de colonisation israélienne, il a critiqué l’intention du gouvernement israélien d’autoriser a posteriori quatre implantations sauvages en Cisjordanie qu’il s’était engagé à démanteler, mais John Kerry a estimé que cela ne devait pas empêcher une reprise des négociations. Lors de sa visite, qui n’a apparemment débouché sur aucune percée, John Kerry a tenté de déjouer le scepticisme ambiant en s’efforçant de relancer des négociations de paix complètement gelées depuis près de trois ans.

“Amertume et déception”

 

Côté israélien, il a rencontré le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, à deux reprises, ainsi que le président Shimon Peres et la ministre de la Justice, chargée du dossier palestinien, Tzipi Livni.

 Côté palestinien, il s’est entretenu avec le président Mahmoud Abbas, son équipe de négociateurs et le Premier ministre démissionnaire Salam Fayyad. “Je connais suffisamment cette région pour savoir qu’il y a du scepticisme et dans certains cas du cynisme. Il y a eu des années d’amertume et de déception“, a-t-il reconnu. “Mais nous espérons qu’en étant méthodiques, prudents, patients, précis et tenaces, nous pourrons avancer”, a-t-il ajouté.

Exigences contradictoires

Selon l’agence AFP, la direction palestinienne exige pour reprendre les négociations un gel total de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est occupé et annexé.

 Benyamin Netanyahou s’y refuse, rejetant cette revendication comme une “condition préalable” aux pourparlers, mais a récemment suspendu les appels d’offres pour la construction de logements dans les colonies. De son côté, la direction palestinienne a suspendu toute démarche pour adhérer à des organisations internationales, y compris les instances judiciaires susceptibles de poursuivre Israël, comme le nouveau statut d’État observateur de la Palestine à l’ONU lui en donne désormais le droit.

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