Tendance à la stabilisation du dinar, mais pas de dévaluation

« Objectif atteint, le marché des changes a été stabilisé », le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie l’a confirmé hier après- midi. Ainsi, après une semaine folle et un mouvement de panique qui a contribué à déprécier davantage notre monnaie nationale, le glissement du dinar s’est arrêté, et ce, après injection de l’équivalent de 638 millions de dinars en devises, depuis la semaine dernière. Aussi, des fortes pointes atteintes entre les 6 et 10 mai, faisant qu’un euro s’achetait à 2,22 D et qu’un dollar valait 1,69 D, la BCT est-elle parvenue à réduire le glissement. Hier, jeudi, l’euro s’échangeait à 2,13 D et le dollar à 1,65 D. M. Chedly Ayari le souligne fort : « Il y a donc une tendance à la stabilisation conforme à notre objectif qui n’était pas d’inverser la situation, mais nous y œuvrons. » Et le gouverneur de la BCT de relever que de janvier à avril 2013, il y a eu injection sur le marché de 1,6 milliard de dinars en devises puisés dans nos maigres réserves en monnaies fortes qui équivalent à 99 jours d’importations. Il a de même insisté sur la détermination de son institution à ne pas dévaluer le dinar malgré « les conseils » d’institutions financières internationales.

Que s’est-il passé ?

A vrai dire souligne M. Ayari, la tendance baissière du dinar a commencé à partir de 2009, quand le système s’est essoufflé, reflétant des fondamentaux qui commençaient à choquer. Ce qui a amené la BCT à intervenir quotidiennement pour corriger les dépréciations. Aujourd’hui, la bulle qui commence à être crevée est due à des facteurs structurels et conjoncturels, comme la détérioration de la sécurité, l’assassinat du leader Chokri Belaïd, la situation politique du pays, la difficile situation économique et notamment une année 2013 qui a mal démarré… A tout cela, sont venues se greffer de fortes demandes d’achats de devises, soit l’équivalent de 350 millions de dollars, de la part de grosses entreprises (Steg, Stir, Tunisiana) et autres offices (ONH, OCT), notamment pour faire face à des échéances de paiements. Un tel choc d’achat dans une économie pauvre en devises et qui plus est s’est opéré en période creuse en apports de devises, a favorisé la pénurie qui a entraîné la panique. Ainsi, certaines banques ont opté pour de larges cotations, par mesure de sécurité, allant jusqu’à 2,22 et 2,29 D l’euro. Ce choc de dépréciation a entraîné une dévaluation du dinar de 4,6% par rapport à l’euro et 5,5% par rapport au dollar.

Et demain ? Comment faire pour éviter une telle situation. « Toutes les options sont ouvertes et nous y réfléchissons », nous déclare le gouverneur de la BCT, cette institution qui arrive toujours à temps, en jouant son rôle de stabilisateur et de régulateur afin d’éviter la dévaluation. Reste aussi que la reprise de l’activité économique, que l’instauration de la sécurité et de la stabilité politique s’imposent, tout comme d’ailleurs la révision de la politique monétaire.

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