Le Sahara occidental, un volcan qui menace de se réveiller

Depuis 37 ans, le Sahara occidental est le berceau d’un long conflit opposant les indépendantistes sahraouis du Front Polisario au Maroc, qui revendique sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. L’Algérie, qui soutient et arme le Front Polisario, cherche de longue date une ouverture sur l’océan Atlantique.

 Pendant que tous les regards étaient braqués sur le Mali ou sur les répliques que connaissent la Tunisie, la Libye ou l’Égypte après leurs « printemps » s’est joué en coulisses un discret bras de fer sur le statut juridique de ce territoire de plus de 260 000 kilomètres carrés.

La « gaffe » américaine

La représentante américaine au Groupe des amis du Sahara avait proposé aux autres membres (Grande-Bretagne, Espagne, Russie et France) une résolution qui tendait à inclure des questions liées aux droits de l’Homme dans le mandat de la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Rabat, qui n’avait pas été mis au courant, a immédiatement dénoncé cette volte-face qui visait directement le royaume chérifien.

Courroux royal

 Fait rare au Maroc, le roi Mohamed VI s’est personnellement saisi du dossier et a manifesté son mécontentement en annulant le mois dernier des manœuvres militaires conjointes entre son pays et les États-Unis. Il a obtenu l’appui de toutes les tendances politiques du royaume, y compris celles qui réclament plus de pouvoirs diplomatiques pour les partis sortis vainqueurs des élections.

 

Un îlot de stabilité

Selon l’AFP, les autres membres du Groupe des amis du Sahara n’ont finalement pas tardé à prendre leurs distances avec l’initiative américaine.

 S’appuyant sur une déclaration de Tiéman Coulibaly, ministre des Affaires étrangères du Mali, qui affirmait début février que des combattants  issus des rangs du Polisario avaient été repérés au Nord-Mali, les puissances occidentales ne voulaient pas déstabiliser un peu plus encore une région fagile  et dans laquelle le Maroc fait figure d’îlot de stabilité. Même si, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de 1991, le statut final du Sahara occidental reste à ce jour à déterminer, les « grandes puissances » puis le Conseil de sécurité de l’ONU, dans une résolution votée à l’unanimité le 25 avril 2013, ont réaffirmé la prééminence de l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc.

Hollande favorable au plan marocain

 Le texte onusien réaffirme que le statu quo actuel est inacceptable et qu’il faut trouver une solution au différend qui oppose le royaume chérifien à l’Algérie. Mohamed VI peut même se prévaloir des efforts « sérieux et crédibles » consentis par son pays pour trouver un règlement à la question du Sahara occidental.

Non moins importants furent les propos tenus par François Hollande lors de sa visite à Tanger et Rabat début avril dernier. Le chef de l’État français a réaffirmé sa position « ferme et sans équivoque » en faveur du plan marocain d’autonomie au Sahara. Il a également ajouté : « Le Maroc accomplit chaque jour des pas décisifs vers la démocratie, conduit de façon cohérente son développement, assure son unité fondée sur la reconnaissance des diversités. »

Appel au « réalisme » 

Un pas a donc été franchi dans le règlement de ce conflit oublié qui, à intervalles réguliers, menace de se réveiller. La balle est désormais dans le camp des Sahraouis et de leur allié algérien. Pourront-ils longtemps continuer de faire la sourde oreille aux diplomates qui prônent le réalisme, refusent d’exercer la moindre pression sur Rabat et rappellent les propos tenus par Peter van Walsum, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU dans la région, qui avait affirmé qu’un « Sahara occidental indépendant n’était pas une proposition réaliste ».

1 COMMENTAIRE

  1. Toujours le même argument éculé de la propagande marocaine: l’ouverture sur l’Atlantique pour l’Algérie, assortit d’un « Tout le monde sait » bien sûr. Alors qu’une route est en construction pour relier Tindouf à Nouakchott (Construction à laquelle le Maroc a tenté de s’opposer) et que le fer de Gara Djebilet sera traité en partie sur place, en partie au Nord. Voilà pour ce lieu commun de la propagande makhzenienne.
    Concernant l’appel au réalisme, la seule réalité probante c’est que le peuple sahraoui finira par obtenir son autodétermination conformément à la légalité internationale, c’est une question de temps sans plus.

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