Mesdames, réfléchissez à deux fois avant de vous maquiller !

Le rouge à lèvres, un produit – phare de l’industrie cosmétique, dont peu de femmes peuvent se passer. On en vend dans le monde environ 900 millions de bâtons chaque année, soit  27 par seconde à peu près. Son succès est donc incontestable, mais ce produit est-il pour autant sain ? Cette question a été traitée dans de nombreuses études, dont une récente qui s’est penchée cette fois-ci sur la présence de métaux toxiques dans les rouges à lèvres.

Les chercheurs de l’Université de Californie – Berkeley ont effectué une étude, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, sur la composition de 32 rouges à lèvres et gloss vendus aux USA, et l’estimation du risque encouru à l’exposition des consommatrices aux composants trouvés dans ces produits, et ce, par rapport aux taux acceptables déterminés par les normes américaines de santé.

En supposant que la totalité du produit appliqué sur les lèvres est ingéré, les scientifiques ont estimé l’ingestion quotidienne de rouge à lèvres à 24 milligrammes par jour. Pour les consommatrices dont l’utilisation est quotidienne et qui se font des retouches de manière régulière dans la journée, la « dose » grimpe jusqu’à 87 milligramme de produit.

Les résultats ont montré la présence de manganèse, de titane et d’aluminium dans tous les produits analysés, les concentrations les plus élevées étant celles de l’aluminium et du titane. Le plomb a été trouvé dans 75 % des cas. Le cadmium, ainsi que le chrome ont également été trouvés ainsi que trois autres de ces métaux.

Katharine S. Hammond, professeur de sciences de la santé environnementale et auteur principal, commente ces résultats : «Certains des métaux toxiques sont présents à des niveaux qui pourraient avoir un effet à long terme ». Par exemple, il n’existe pas de seuil pour lequel l’absorption du plomb est sans effet nocif , selon la U.S. Centers for Disease Control and Prevention (U.S. CDC) et d’autres organismes de santé. Pour l’adulte, les observations scientifiques les plus probantes ont montré qu’une exposition à de faibles concentrations de plomb serait impliquée dans l’augmentation de la tension artérielle, quoique à un faible degré. De même une utilisation élevée de rouge à lèvres amène à une exposition nocive à la santé à l’aluminium, au cadmium et au manganèse. Selon diverses études, le cadmium et le manganèse sont respectivement associés au risque d’apparition de cancer du poumon et de toxicité pour le système nerveux.

Alors quelle est la solution ? Loin de recourir à des méthodes radicales comme l’interdiction de ces additifs,  l’auteur suggère aux autorité sanitaires américaines, dont la US Food and Drug Administration, de mettre en place des normes de fabrication, ainsi qu’améliorer la surveillance de ces produits, s’appuyant sur les progrès de l’Union Européenne en matière de réglementation qui ne tolère plus la présence de cadmium, de chrome ou de plomb, quelle qu’en soit la teneur, dans les produits cosmétiques. En Tunisie on pourrait simplement mettre à la disposition des consommatrices des informations claires sur les dangers des métaux lourds, de manière à leur faire prendre conscience que la qualité compte autant que le rendu. Ainsi pourront-elles user sans abuser de cette arme de séduction infaillible !

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