Bientôt une mission habitée sur Mars ?

Ce qui était impossible autrefois est envisageable depuis peu : une mission habitée vers la planète Mars est au programme de la NASA dans les vingt prochaines années. Malgré les défis technologiques auxquels devront faire face les scientifiques, et les obstacles essentiellement d’ordre financiers, ce projet trouve un écho favorable auprès des experts voire des citoyens américains.

A ce sujet, une conférence, qui a duré trois jours, s’est tenue à l’Université George Washington au cours de laquelle les ténors de l’astronomie se sont consultés pour examiner la question sous toutes les coutures.

L’actuel administrateur de la NASA, Charles Bolden, ajoute même que : « Une mission habitée vers Mars est une priorité de la NASA « . Dans ce sens, Scott Hubbard, professeur à l’Université Stanford en Californie et ancien responsable du programme d’exploration de Mars à la NASA estime que « Si on lançait ce projet aujourd’hui, il serait possible de poser des hommes sur Mars dans 20 ans« . Il ajoute aussi que: « Aller sur Mars ne nécessite pas des miracles mais de l’argent et un programme pour répondre aux défis technologiques et d’ingénierie« .

La logistique à mettre en place est en effet considérable, comprenant à la fois un module d’habitation, un système de survie, ainsi qu’un système de transport pour assurer le retour vers la Terre.  De plus s’ajoute le casse-tête technique que représente l’entrée en contact de tout ce matériel avec l’atmosphère martienne. La question du transport vers Mars également, n’est pas une mince affaire. A cet effet,  la NASA poursuit la mise au point d’un lanceur lourd (SLS) ainsi qu’une capsule d’exploration spatiale habitée. L’éventualité de créer un moteur nucléaire pourrait même s’imposer,  car selon  Scott Hubbard cette technologie assurerait une poussée constante pour un voyage où la distance Terre-Mars peu varier de 56 à 400 millions de kilomètres en fonction  de la position des deux planètes.

Pour ne citer qu’une des nombreuses conséquences sur la santé d’une telle mission sur les astronautes, un autre scientifique Stephen Davison, responsable à la Nasa du programme de biologie de l’espace au Centre spatial Johnson à Houston ( où se trouve le centre d’entraînement des astronautes) affirme que « les radiations dans l’espace avec le risque accru de cancer est un danger certain pour l’équipage que nous devons mieux comprendre« . L’aspect psychologique est aussi à prendre en considération, car si l’on tient compte des estimations, la durée de cette mission  est évaluée à pas moins de 600 jours.  D’ou la nécessité selon lui,  d’ « étudier les effets biologiques et psychologiques des voyages spatiaux pendant encore au moins dix ans » dans l’ISS (Station spatiale internationale) avant d’envisager l’envoi des astronautes pour une mission de ce type. Entre- temps des missions robotiques devront donc très certainement s’intensifier.

Laisser un commentaire