Les syndicalistes des forces de l’ordre font pression pour faire passer leurs lois organiques

Les agents de sécurité ont manifesté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale constituante. Par centaines, ils ont clamé pendant des heures, sur un même ton, et avec ardeur, les slogans d’une police qui se veut républicaine, unie contre le terrorisme et qui réclame de la dignité. Devant le grand portail de l’ANC, plusieurs d’entre eux brandissaient des billets de 20 dinars, la valeur de la prime de risque. Entre-temps, une délégation de 20 cadres, représentant les six syndicats des forces de l’ordre, s’entretenait avec les députés de la commission de législation générale.

Durant cette entrevue de plus de deux heures, les députés ont reçu deux projets de loi organiques jugés prioritaires et urgents par les syndicalistes. Ceux-ci sont sortis relativement satisfaits. «  Nous sommes sereins. Nous avons exposé devant les députés un diagnostic détaillé et clair de la situation et leur avons formulé des suggestions en vue de la réforme », a déclaré Sahbi Jouini, membre du comité dirigeant du syndicat des forces de l’ordre. «  Nous les avons mis devant leurs responsabilités, a-t-il ajouté, et c’est à eux maintenant de faire le nécessaire. »

Le nécessaire, Sonia Soumri, commissaire de police et membre du syndicat, l’a expliqué selon une approche holistique. Pour elle, les lois organiques qui fixent les devoirs des policiers et garantissent leurs droits sont certes cruciales, mais la réforme va bien au-delà de la législation. Le législateur, en l’occurrence l’ANC, doit mettre en œuvre les lois, mais c’est toute la société qui devra changer sa perception de la police. La police, dès lors, n’est plus un dispositif public fournissant des services, mais plutôt un système qui devrait se baser sur « la justice et l’équité ». La justice et l’équité pour les citoyens certes, mais aussi pour les pourvoyeurs du service, quelles que soient leur position (Douane, Sûreté intérieure, Garde nationale, la Protection civile, établissements pénitentiaires…).

 Interpellée, comme ses collègues, par les derniers évènements de Jebel Chaambi, la syndicaliste a insisté sur l’approche globale de la sécurité pour combattre le terrorisme. Toutes les institutions sécuritaires, et toute la société devraient se mobiliser pour prévenir et dérouter les menaces et complots terroristes.

La Douane, qui exerce principalement au niveau des frontières, est en première ligne de la lutte contre le terrorisme et contre la contrebande des armes. Mohamed Ghodhbane,  président du syndicat général de la Douane, a pourtant rapporté une situation déplorable des douaniers à cause principalement du manque d’équipements et de l’insalubrité des locaux et des points frontaliers. Il a par ailleurs estimé que l’amélioration de la situation n’était pas difficile et qu’il suffisait dans un premier temps de mettre en place les lois et de les appliquer. Quoi qu’il en soit, les députés ont promis aux syndicalistes d’adopter et de défendre leurs propositions.

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