Le troisième brouillon de la Constitution est décrié

Les reproches adressés au troisième brouillon de la Constitution ne se sont pas fait attendre. Les voix se sont élevées de partout pour critiquer, stigmatiser cette constitution qui peine à devenir. Déjà le refus des éminents constitutionnalistes d’intégrer la commission de correction du contenu de la Constitution a attisé la situation et a déterré les craintes des activistes des droits de l’Homme, juristes, féministes et journalistes. Selon eux, le spectre de plusieurs menaces roderait de nouveau : état théocratique, instrumentalisation de la justice, censure et régression des droits de la femme.

Les signataires du Pacte de Tunisie des Droits de l’Homme ont tiré de nouveau la sonnette d’alarme aujourd’hui le 9 mai 2013, à la Maison de l’Avocat. Rappelons que le Pacte de Tunisie des Droits de l’Homme est composé du Conseil de l’Ordre des Avocats, de l’Association des femmes démocrates, de l’Union générale tunisienne du Travail, de l’Institut arabe des droits de l’Homme et du Syndicat national des journalistes tunisiens.

Chawki Tabib ne reste pas indifférent face à ce troisième brouillon de la Constitution. Confiant et ferme, il déclare que l’Ordre des Avocats ne permettra aucune tentative de détournement du parcours révolutionnaire. Selon le bâtonnier de l’Ordre des Avocats,  les trois brouillons de la Constitution reflètent trois situations: l’absence de consensus, la lenteur de la réalisation et l’angoisse et l’inquiétude. Avant de préciser que : «  Ce troisième brouillon ne peut être que le reflet d’une période mouvementée et d’une scène politique tendue ».

Les acquis de la femme ne sont pas épargnés, Hafidha Chekir tire la sonnette d’alarme face à l’ambigüité et les paradoxes qui traversent le brouillon de bout en bout. Le paradoxe le plus flagrant est  l’association entre l’universalité des droits de l’Homme et les spécificités de la société tunisienne. La  juriste s’est appuyée sur l’article 22 «  Le droit à la vie est sacré… » pour souligner que l’article s’attaque ainsi au droit à l’avortement. Le professeur a continué d’étaler les défauts et les imperfections de la Constitution en se référant aux articles : 15, 79,85 et autres.

Quant au président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Abdel Basset Ben Hassen, il a essayé de scanner la Constitution afin d’identifier ses problèmes : les rédacteurs de la Constitution n’ont pas pris en considération plusieurs propositions d’associations représentatives de la société civile.
D’autre part,  Monsieur Bel Hassen a constaté que plusieurs articles ciblent la période actuelle et sans pour autant penser à l’avenir des générations futures. «  Cette démarche d’effacer le passé et les expériences antérieures est dangereuse », affirme le président de l’Institut arabe des droits de l’Homme. Avant de confirmer que la Constitution actuelle ne respecte pas les principes de la révolution.

Intervenant sur le coté sociétal, Marwen Cherif de l’UGTT regrette le fait que l’Assemblée Nationale Constituante n’a pas pris en considération ses propositions qui étaient pourtant saluées par des juristes experts. L’absence de constitutionnalisation du droit de grève est inquiétant pour les syndicalistes.

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