La Tunisie n’est pas une terre de jihad et les terroristes de Jebel Chaambi ne sont que des jeunes impétueux

 « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux : 1. Par le ciel aux constellations! 2. et par le jour promis! 3. et par le témoin et ce dont on témoigne! 4. Périssent les gens de l’Uhdûd… » C’est par Sourate  Al-Burûj  (les constellations) qu’Ameur Laarayedh a inauguré ce matin la conférence de presse du mouvement Ennahdha. Par ces versets coraniques révélés à La Mecque durant la période où la persécution des musulmans avait atteint son paroxysme, le chef du département politique du parti islamiste voulait-il insinuer que l’heure était grave ? L’heure l’est en effet. Les dégâts des forces de sécurité et de l’armée sont importants, les blessures sont graves et la traque antiterroriste dans les reliefs de Kasserine est toujours en cours. Rached Ghannouchi a cependant qualifié les terroristes de Jbel Chaambi de « jeunes téméraires et impétueux ».  Mais leur témérité est, selon ses dires, injustifiable et infondée puisque « la Tunisie n’est pas une terre de Jihad et que toutes les libertés y sont désormais permises, tant qu’elles sont pacifiques. »

Le président du mouvement Ennahdha a ainsi dénoncé le recours à la violence et affirmé son soutien aux blessés des forces de la sécurité et de l’armée. Mais avant, il a tenu à exposer le contexte et le timing des événements de Chaambi. Ces événements surviennent après, a-t-il énuméré, la résolution du problème du remaniement ministériel, le début du dialogue national, l’avancement des travaux de l’ANC, l’adoption du projet de loi de l’instance provisoire de la justice judiciaire, et la création de la haute instance des élections. « Les crimes commis par le groupe terroriste à Jebel Chaambi visent à compromettre le processus de transition démocratique »,  en a-t-il ainsi déduit.

Rached Ghannouchi a également expliqué la montée de la mouvance salafiste par l’érosion spirituelle qui est le fait de Bourguiba et Ben Ali qui avaient miné l’université Zeitouna, jadis université phare de l’islam modéré et ouvert. «  Au 18ème siècle, a-t-il soutenu, quand Mohamed Bin Abdelwahab avait envoyé une correspondance au Bey de Tunis l’appelant à adopter la doctrine wahhabite, celui-ci avait chargé les savants de Zeitouna de lui répondre. Leur réponse fut tranchante et sans équivoque. »

Cette anecdote historique autour de  Mohamed Bin Abdelwahab a contredit l’avis de Rached Ghannouchi sur les prédicateurs wahhabites. Ceux-ci prêchent, selon lui, la paix et n’ont jamais appelé à la violence et ils sont même les plus aptes à lutter contre le terrorisme.

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