Au-delà de la lutte antiterroriste à Jebel Chaambi, c’est la réforme de tout le dispositif sécuritaire qui s’impose

Le  Chef du gouvernement et son équipe ont dû faire face aujourd’hui à une série de questions aussi cuisantes les unes que les autres. Toutes les interrogations des députés de l’Assemblée nationale constituante ont tourné autour du terrorisme : qui est derrière les derniers évènements sanglants du Mont Chaambi ? Les blessures et les pertes subies par les forces de sécurité et par les militaires auraient-elles pu être évitées ? Les services d’information et de renseignement militaires et de la police ont-ils été à la hauteur de leurs missions ? Qui sont les terroristes pourchassés à Kasserine ? Ont-ils des liens avec les Djihadistes de Douar Hicher et Bir Ali Ben Khalifa ?

Fidèle à lui-même, Ali Laarayedh, considéré par plusieurs députés de l’opposition responsable de la dégradation de la situation sécuritaire, a tenu à rassurer. Il a rappelé de ce fait  les réalisations de son gouvernement. « Depuis notre investiture, la situation s’est améliorée et ce grâce à l’abnégation de nos forces de sécurité et de notre armée », a-t-il affirmé.  Ripostant aux accusations de laxisme et d’incompétence, il a affirmé que la plupart des mosquées étaient désormais sous le contrôle de l’Etat et qu’il n’en  restait qu’un petit nombre sous l’emprise de groupes salafistes.

Il a soutenu que la lutte contre le terrorisme a débuté depuis un an déjà et que l’action montée à Chaambi a commencé à la suite d’une information recueillie en décembre 2012 par les forces de sécurité. Les propos de Laarayedh ont été davantage étayés par Lotfi Ben Jeddou. Le ministre de l’Intérieur a en effet affirmé l’arrestation de 37 terroristes et la poursuite de l’action jusqu’à « l’extirpation définitive du terrorisme ».

Le discours gouvernemental a été soutenu avec véhémence par les députés du mouvement Ennahdha : l’un d’entre eux a même osé une nouvelle définition du terrorisme assurant que ceux qui perturbent la production des phosphates sont les vrais terroristes.

Les députés de l’opposition sont, par contre, restés sur leur faim. Ce qui s’est passé à Kasserine est, selon leurs dires, inacceptable, et l’incompétence du gouvernement est «  manifeste ». Des interventions de ces députés, et outre l’emportement contre l’Exécutif, des propositions ont tout de même émergé : Samir Taieb, député d’Al Massar, a proposé de créer une commission mixte entre le gouvernement et l’ANC qui serait chargée des questions sécuritaires ainsi qu’un comité des chefs d’état major pour chapeauter les opérations de lutte contre le terrorisme. Maya Jeribi, député d’El-Jomhouri, a, quant à elle, appelé à accélérer la réforme de la sécurité à travers la mise en place de lois organiques garantissant les droits des agents de sécurité, textes à défaut desquels l’institution sécuritaire resterait vulnérable face aux périls de la criminalité et du terrorisme.

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