« L’économie en Tunisie : situation actuelle et perspectives »

La  Chambre Tuniso-Française de  Commerce et d’Industrie (CTFCI) et l’Institut Tunis Dauphine (ITD) ont organisé conjointement, aujourd’hui mardi 7 mai 2013, un débat autour de « L’économie en Tunisie : situation actuelle et perspectives ».

L’Etat actuel de l’économie tunisienne est une réalité contraignante. Chômage en hausse, faible croissance, inflation grandissante, secteur informel en expansion, le tableau qui dépeint la situation économique actuelle en Tunisie est loin d’être apaisant !

Pourquoi sommes-nous arrivés à ce point ?

La réponse ne se résume pas en une seule raison. Selon M. Jouini Elyes, Vice-président de l’Université Paris-Dauphine, chargé de la recherche, et Président de la Fondation Dauphine, l’inertie du modèle de croissance remonte à la période pré-révolution. En effet, le modèle économique instauré serait peu propice à la croissance, ayant été incapable de répondre aux inégalités territoriales, en d’autres termes : une croissance stable mais mal répartie entraîne des disparités sectorielles et régionales. Le ralentissement économique est une conséquence d’une politique budgétaire et d’un système fiscal inadaptés. La post révolution n’a pas été mieux négociée par le gouvernement de la Troïka qui tarde à prendre les bonnes décisions, manquant de réactivité et de visibilité concernant les réformes.

Résultats : un déficit budgétaire qui s’alourdit, conduisant à la baisse de la note souveraine de la Tunisie par Standard and Poors. Une dette tunisienne qui bien que soutenable sur le moyen terme, selon le FMI, l’est peu à court terme, ce qui freinerait la relance budgétaire. Des disparités régionales entre les régions côtières et intérieures, avec un taux de pauvreté sept fois plus élevé au Centre-Ouest et 13 fois plus élevé au Sud-Ouest ; malgré les chiffres fournis par l’INS déclarant un taux de pauvreté en baisse, un indicateur cachant des variations régionales significatives. Un chômage endémique, qualifié de tel par la Banque Mondiale, avec un taux  atteignant les 16,7 % au dernier trimestre 2012, dont 28,2% de femmes, premières victimes du ralentissement économique, contre 15,4 % chez les hommes, avec un fossé qui existe entre les compétences ( en fonction de la capacité d’accueil des universités plutôt que des marchés ) et la demande de ces derniers.

Mieux vaut tard que jamais ?

M. Jouini résume la situation de la Tunisie en une expression : « avoir le couteau sous la gorge ». Il estime que la Tunisie dispose, malgré tout, d’atouts majeurs tels qu’une population jeune et éduquée et un niveau de vie proche des pays de l’OCDE.

Plusieurs secteurs possèdent un potentiel important pour la relance économique comme les TIC (avec un des taux de pénétration internet des plus élevés), les Télécom (e-learning, cloud computing…), la Finance ou encore l’Energie, à condition d’établir desinstitutions pluralistes et compétitives émanant d’une prise de conscience : l’Etat au service de l’intérêt général, un Etat de droit garant de la cohésion sociale. Ainsi apparaît-t-il que la signature de différents accords d’échanges (assurant un cadre juridique) serait vaine si les politiques ne trouvent pas une  vraie plateforme de développement.

Sur quels points faudrait-il agir ?

Dans le but de rendre la création d’entreprise plus facile et moins coûteuse, il faudrait, d’après M. Jouini, réévaluer la pertinence des incitations fiscales, sinon les réformer. Il faudrait notamment, créer des projets d’infrastructures pour intégrer les logistiques et désenclaver les régions (faire de la Tunisie le hub de la logistique) et améliorer les secteurs déjà fortement créateurs d’emplois, comme le tourisme (11% du PIB), jusque là mono-produit, en diversifiant et en montant en gamme.

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