L’implication sociale ne s’arrête pas au FSM

 L’économie sociale ne serait  pas un palliatif aux défaillances des Etats (qui ont prêté 1000 milliards aux banques en 2011 (la Banque Européenne Centrale), mais plutôt un  modèle économique alternatif qui englobe un ensemble d’activités génératrices de revenus de manière durable. Qu’entend-on par économie sociale  et quel est son poids dans la société ?

Economie sociale : leviers et enjeux

400.000 entreprises  (associations, coopératives, fondations et mutuelles) travaillent dans le secteur de l’économie sociale pourvoyant ainsi 6 millions d’emplois. Dans la région du Maghreb,  chaque pays a ses propriétés : en effet, en Tunisie  le nombre d’association est passé de 9500 en 2010 à  plus de 14000 en 2012. Encore faut- il savoir que ces associations ne sont pas réparties de façon égalitaire reflétant un décalage générationnelle entre la forme de solidarité et les aspirations des jeunes, et ce, malgré une diversité des champs d’intervention (Microcrédit, éducation, charité sociale). En Algérie, il existe deux types d’associations : celles nationales, qui s’apparentent à des associations actives dans le réseau ESS, et celles locales (le nombre  de mutuelles reconnues est de 23). L’Etat algérien, prenant conscience du potentiel de l’économie sociale,  a créé des agences de développement social. Du côté marocain, la situation est bien plus profitable à l’économie sociale (secteur émergent)  avec la création d’une coopérative par jour, d’après Touhemi Abdelkhalek , professeur à l’Institut national des statistiques et d’économie appliquées au Maroc , atteignant le nombre de 7000 coopératives nationales dans des domaines diversifiés( agriculture, artisanat, architecture). Malgré ces aspects positifs,  selon Mme Amal Chevreau, chef de projet IPMED : ‘’ A ce jour l’économie sociale est statuaire et on n’est pas encore dans un mouvement de création de l’économie sociale et solidaire’’. Ce qui fait défaut : l’absence de cadre juridique propre dans les trois pays, malgré l’existence de textes de loi régissant les différentes formes  d’entreprises sociales (le texte de loi qui régit les mutuelles est différent de celui qui régit les associations) et d’un cadre institutionnel de soutien de l’économie sociale, par exemple INDH (Initiative nationale pour le développement humain)  au Maroc  ou la BTS (Banque Tunisienne de Solidarité).

En effet, la lacune sur le plan juridique viendrait du déphasage entre le cadre légal et la réalité sur le terrain : au Maroc, une enquête a montré un problème de ciblage de l’activité des entreprises sociales dans le but de s’ajuster à l’économie (problème de commercialisation des produits des coopératives, de localisation,  d’accès aux financements, et d’un manque de moyens humains (malgré le chômage des jeunes).

De plus, il serait difficile d’étudier l’impact des entreprises sociales (des associations peuvent être créées mais ne sont pas nécessairement actives) . Ce qui s’est fait jusque là, serait un état des lieux afin de donner plus d’informations. Mais le sort  de l’économie solidaire est loin d’être scellé et des solutions  existent

Consommer responsable : un pas dans l’économie sociale

Consommer et produire durablement, tel est sur quoi se base le commerce équitable , promettant une meilleure justice sociale et une répartition plus juste  des revenus entre les différents acteurs d’une chaîne de production , garantissant ainsi un niveau de vie décent pour les producteurs de matières premières comme le café dont le  coût de production  est nettement moins élevé que le prix du produit final.

Le commerce équitable favoriserait notamment le principe de transparence, selon Amina Becheur de l’université Paris -Est Marne- la-Vallée, car l’acteur du commerce équitable est certifié (label Max Havelaar) qui exigerait la vérification des conditions de production. Une expérience tunisienne ‘’Tili Tanit’’ s’inscrit dans le créneau du commerce équitable du court circuit (celui qui n’a pas choisi de s’allier à la grande distribution). L’expérience rassemble des femmes artisanales et des jeunes designers qui s’échangent le savoir-faire : le but est de produire des objets de l’artisanat tunisien tout en évitant l’exploitation des artisanes, un projet  qui pourrait s’inscrire dans le cadre du développement durable : les touristes pourraient ainsi commander leurs produits et apprendre les techniques de l’artisanat en même temps.

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