Incitations à la violence et 196 agressions contre les journalistes

Comme chaque année, à la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Syndicat national des journalistes tunisiens publie un rapport sur la situation des médias dans le pays. Cette année, le rapport a été particulièrement étoffé et lourd. Quelque 196 agressions à l’encontre des journalistes ont été en effet recensées : intimidations, violences verbales et physiques, harcèlement, censure, licenciement abusif… les agressions sont variées mais elles ont été majoritairement exercées par les forces de sécurité ainsi que par les politiques et les représentants des pouvoirs publics.

«  Ceux-ci veulent instaurer l’autocensure à travers une politique d’intimidation systématique », a estimé Aymen Rezgui, membre du bureau exécutif du syndicat.  Pour ce jeune journaliste, la liberté de la presse n’est pas encore acquise, ni garantie, elle «  est un mouvement de libération, une bataille continue ». Et même le nombre des agressions, qui s’est élevé, depuis mai 2012, à 196 cas, n’est, selon Hichem Snoussi,  représentant de l’organisation Article 19 en Tunisie, qu’une manifestation du dynamisme des journalistes et de leur résistance.

Pour Néjiba Hamrouni,  présidente du SNJT, qui a conduit la marche protestataire de dizaines de journalistes, le combat des médias tunisiens va au-delà des manifestations. Il est à mener contre le pouvoir en place certes, mais aussi auprès des propriétaires des médias afin qu’ils respectent le droit des journalistes à des salaires décents et à la protection sociale et morale.

La présidente du syndicat s’est par ailleurs félicitée des rounds jusqu’ici  remportés par les journalistes. La célébration aujourd’hui de la Journée mondiale de la liberté de la presse coïncide avec  l’annonce «  enfin » de la composition de la Haute Instance indépendante pour la communication audiovisuelle (HAICA).

D’autres étapes s’annoncent à court terme. Les journalistes tiendront le 9 mai une assemblée générale extraordinaire pour débattre du conseil qui devrait réguler la presse écrite. Ils se consacreront par la suite à l’examen des articles « liberticides » dans le projet de la Constitution, à l’instar de l’article  125 qui soutient la renaissance d’un ministère de l’Information, et « le retour donc de l’emprise du pouvoir exécutif sur la presse. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here