Les interventions de la BCT sur le marché monétaire à leur plus bas niveau depuis début 2013

Le Conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie, réuni mardi 30 avril, à Tunis, a fait état d’une baisse des interventions de la BCT sur le marché monétaire, indiquant que celles-ci sont revenues à leur plus bas niveau depuis le début de l’année, soit 3.476 MDT en moyenne quotidienne jusqu’au 29 du mois, contre 3.560 MDT en mars.

 Cela s’explique par la baisse des besoins de liquidités des banques au mois d’avril 2013, a indiqué un communiqué de la BCT.

Le Conseil est revenu, à cette occasion, sur les estimations du taux de croissance pour l’année en cours, qui tablent sur un taux de 4%, et ce, en raison de la contraction attendue au niveau du secteur de l’agriculture et de la pêche ainsi que le ralentissement  du rythme de l’activité dans les industries manufacturières et les services.

Lors de sa réunion périodique, tenue sous la présidence du gouverneur de la BCT, Chedly Ayari, le CA de la BCT a constaté, en ce qui concerne l’industrie, la poursuite du rythme toujours positif de l’activité du secteur pour le septième mois consécutif avec une augmentation de 2,6% de l’indice de production, en janvier 2013, et ce, en glissement annuel suite à l’évolution positive dans le secteur des industries manufacturières (1,8%) et celui des industries non-manufacturières (6,8%) qui a bénéficié de la hausse de la production énergétique.

Pour le secteur des services, le conseil a fait état d’une poursuite des tensions à cause de la baisse continue des principaux indicateurs du secteur touristique au mois de mars 2013, et ce, pour le troisième mois consécutif.

Il a exprimé, sur un autre plan, son inquiétude quant à l’impact du ralentissement du rythme de l’investissement aussi bien intérieur qu’extérieur sur la croissance et les équilibres financiers.

Le Conseil a aussi souligné la poursuite de l’amélioration de la situation de la balance courante au cours du premier trimestre 2013.

En effet, le déficit courant s’est établi à 1,8% du PIB contre 2,3% une année auparavant, suite principalement à la baisse du déficit commercial en relation avec l’accroissement des exportations à un rythme plus rapide que celui des importations (+8,5% et +3,9%respectivement), ce qui s’est traduit par une amélioration du taux de couverture de 3,2 points de pourcentage.

Toutefois, la hausse des dépenses au titre du remboursement de la dette extérieure, qui s’est accompagnée par un repli des revenus des investissements étrangers, a engendré une baisse du volume des réserves en devises qui se sont établies, au 29 avril 2013, à 10.902MDT ou l’équivalent de 102 jours d’importation contre 11.170 MDT et 104 jours au terme du mois précédent.

Concernant l’évolution des prix à la consommation, le taux d’inflation a connu une accélération au mois de mars 2013 pour s’établir à 6,5% en glissement annuel contre 5,8% au mois de février dernier, en rapport notamment avec la hausse des prix des produits alimentaires (8,8%) et le dernier ajustement des prix des carburants et de l’énergie.

Pour sa part, le taux d’intérêt moyen sur ce marché a poursuivi sa tendance haussière pour atteindre 4,70% au cours de la même période contre 4,33% le mois précédent, en relation surtout avec les décisions qui ont été prises par le C A de la BCT lors des précédentes réunions ,notamment, la dernière augmentation du taux d’intérêt directeur afin de contrecarrer la montée des tensions inflationnistes.

Lors de l’analyse de l’activité du secteur bancaire, le Conseil a constaté une hausse de 2,3% de l’encours des dépôts au cours du premier trimestre de 2013, soit un rythme plus rapide que celui enregistré au cours de la même période de 2012 et de 2010 (2,1% et 1,7%respectivement).

Cette hausse a concerné les certificats de dépôt et les comptes d’épargne. En revanche, les concours à l’économie ont enregistré, au cours de la même période, une progression de 1,8% contre 2,4% durant la même période de 2012.

A la lumière de ces évolutions, le Conseil a exprimé son inquiétude quant à la persistance des tensions inflationnistes et son impact sur la compétitivité de l’économie nationale, et en particulier sur certains secteurs orientés à l’exportation, dans un contexte qui demeure marqué par la faiblesse de l’investissement intérieur et extérieur.

En outre, le Conseil a réitéré son appel pour toutes les parties prenantes à redoubler les efforts afin de mieux contrôler les facteurs qui alimentent la hausse des prix, en particulier l’amélioration des circuits de distribution et a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale.

Le Conseil a passé en revue, par la même occasion, les évolutions récentes de l’économie mondiale caractérisées surtout par la révision à la baisse, par le FMI, des prévisions de la croissance économique mondiale attendue pour cette année et l’an prochain, par rapport aux estimations du mois de janvier 2013.

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