Le web bouleverse la donne

Le web est incontournable pour quiconque souhaite faire de la communication politique. Le web a au moins deux avantages : il coûte moins cher et est instantané. Réflexion introduite dans un récent colloque organisé à Tunis sur la communication politique.

Peut-on faire de la communication politique, a fortiori une campagne électorale, sans recourir au web ? La question ne pouvait échapper aux intervenants du colloque sur « La communication politique dans le monde arabe et en Afrique : approches et mécanisme de mise en œuvre »,  organisé les 25 et 26 avril 2013, à Tunis, par l’IPSI (Institut de Presse et des Sciences de l’Information), avec la collaboration de la Fondation Konrad Adenauer.

Réponse de Bruno Denoyelle, communicant politique à Alberta Conseil, une agence de communication publique en France, qui est intervenue, vendredi 26 avril 2013, dans une table ronde dédiée aux professionnels sur le thème précisément de «La communication politique vue par des professionnels » : impossible.  Pourquoi ? Parce qu’assure-t-il, le web ne coûte pas cher. Du moins si on le compare aux annonces de presse, affiches, meetings et autres conférences de presse.

Outre le fait que la crise a taillé dans  les fonds des campagnes électorales, la loi dans de nombreux pays comme la France fixe des limites aux budgets des campagnes : environ 1,1 euro par électeur en France.

Il y a ensuite l’instantanéité. « Maintenant, on a tendance à ne plus faire de conférence de presse, on tweete », rappelle Bruno Denoyelle. Le web a bouleversé totalement le temps de réaction : « Un candidat dispose d’une heure au maximum pour réagir à une attaque sur Facebook ».

« Localiser » géographiquement les sympathisants

Entré  en scène à partir du début des années 2000, le web est  devenu incontournable en matière de communication politique. Barak Obama et ses concurrents républicains (John McCain, en 2008,  et Mitt Romney, en 2012) en ont fait un large usage.

Le web assure trois grandes fonctions : une fonction de veille, d’abord,  pour faire ressortir sur le web (réseaux sociaux, blogs, forums et presse électronique) tout ce qui se dit et s’écrit sur les candidats à une élection, une fonction de riposte, ensuite, pour répondre à ce qui se dit et s’écrit et une fonction de « tracking », enfin, pour vendre le candidat et attaquer les concurrents.

Un exercice auquel le web se prête bien, souligne Bruno Denoyelle. Qui précise que l’on peut retrouver toujours sur le web des textes et des vidéos qui comportent des faits et des arguments qui permettent d’attaquer les adversaires.

Bruno Denoyelle, qui s’est déjà attelé à la campagne électorale de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancien ministre et porte-parole du président Nicolas Sarkozy (2007-2012) et candidate UMP (Union pour un Mouvement Populaire) à la mairie de Paris en 2014, explique qu’à nouveau contexte politique, nouveaux outils de communication.

L’ère des idéologies n’est plus là : les électeurs, ou du moins une bonne partie d’entre eux, donnent  aujourd’hui leurs suffrages à un parti et un autre jour à un autre. On n’est plus au temps des « reproductions idéologiques », quand certaines catégories sociales votaient pour tel ou tel autre camp. L’électeur est à présent versatile.

On parle dans les états-majors de « sympathisants » et non de militants. « Fini le temps où les colleurs d’affiches se recrutaient parmi les militants. La tâche est de plus en plus confiée à des opérateurs  spécialisés. »

Le web a l’avantage, dans ce contexte,  de « localiser » géographiquement les sympathisants et d’aller à leur rencontre. De jouer, donc, de la proximité. Qui est une donnée essentielle dans la communication politique.

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