Formation d’une coalition civile pour la défense de la liberté d’expression

Venus de plusieurs médias nationaux et étrangers, des dizaines de journalistes emplissent l’étroit espace de  la salle principale au local du Syndicat national des journalistes tunisiens. Sous le regard des anciennes et anciens présidents du syndicat dont les portraits en noir et blanc sont accrochés au mur, ils suivent, durant de longues minutes, le discours donné, lundi 29 avril, par Néjiba Hamrouni. Dans des propos qui semblent habituels, la présidente du syndicat s’interroge sur la longévité de « la liberté d’expression acquise après la révolution. » Estimant cette liberté acquise, mais menacée, elle annonce, sur un ton solennel, la création d’une « coalition civile pour la défense de la liberté d’expression ».

La coalition, qui se veut un front large pour contrer les « tentatives de domestication de la presse par le pouvoir », vise à unir et à concilier les efforts d’une pléiade d’associations.  En plus du SNJT, plusieurs autres associations forment le comité constitutif du groupe : la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme, le Syndicat Général de la Culture et de l’Information relevant de l’UGTT, l’Association Vigilance pour la Démocratie et l’État Civil, le Syndicat Tunisien des Radios Libres ou encore le Syndicat Tunisien des Journaux Indépendants et Partisans.

La coalition est toutefois ouverte à toutes les composantes de la société civile et à toutes les personnalités indépendantes qui seraient concernées par la cause de la liberté d’expression. Selon la présidente du syndicat, la « bataille de la liberté d’expression » est à mener sur tous les fronts, le front des législations notamment. Aux décrets-lois 115 et 116 qui ne sont toujours pas appliqués, « à défaut de volonté politique de la part du gouvernement », une autre « aberration » vient s’ajouter : c’est l’article 121 du projet de la Constitution lequel statue sur « l’instance des médias » chargée de la régulation du secteur des médias audiovisuels et de la presse écrite. Criant haro sur cette instance, Kamel Laabidi, président de l’INRIC et membre de l’Association Vigilance pour la Démocratie et l’État Civil, estime qu’il s’agit d’une « tentative pour la résurrection du ministère de l’Information », ministère corollaire du despotisme, longtemps critiqué par les activistes pour avoir muselé et opprimé les voix libres.

A quatre jours de la Journée mondiale de la liberté de la presse, la coalition assure qu’elle est bien préparée pour le premier round. Le 3 mai, le SNJT dévoilera à 11 heures son rapport annuel sur les violations et agressions contre les journalistes. Deux heures après, tous les adhérents de la coalition se donneront rendez vous devant le Théâtre municipal de Tunis pour porter haut la voix d’une expression libre et créatrice.

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