« Les divergences sur le régime politique, pomme de discorde du dialogue national »

La secrétaire générale du parti Al-Joumhouri, Maya Jribi, a souligné que l’initiative du dialogue national  dont Dar Dhiafa, à Carthage, a abrité certaines séances, « n’est pas l’initiative de la Présidence de la République, mais le fruit d’efforts des partis concernés par les différends actuels, dans le but de parvenir à un consensus à leur sujet ».

Lors d’une conférence de presse organisée par Al-Joumhouri à son siège à Tunis, Maya Jribi a soutenu que « le dialogue national est la seule alternative et, non pas uniquement la solution, pour éviter d’aller vers l’inconnu« . Elle a fait part du vœu de sa formation de voir « le mouvement Ennahdha satisfaire aux conditions du consensus et renoncer à sa position au sujet du régime politique auquel il tient, en l’occurrence le régime parlementaire ».

Pour la secrétaire générale d’Al-Joumhouri, le dialogue national est un « prélude au dialogue dont l’UGTT avait pris l’initiative« , appelant toutes les parties, Ennahdha  en premier lieu, à aller de l’avant vers ce cap, car, dit-elle  » il y va de l’intérêt de la démocratie « .

Maya Jeribi a, par ailleurs, critiqué la précipitation  avec laquelle le président de l’Assemblée nationale constituante avait convoqué une conférence de presse pour présenter le troisième draft de la nouvelle Constitution « sans aviser les députés de sa teneur« . Elle a, également, déploré que la commission mixte de coordination et de rédaction ait « outrepassé ses compétences en tranchant des questions controversées ».

De son côté, le porte-parole du parti, Issam Chebbi, s’est interrogé sur la question de savoir pourquoi le mouvement Ennahdha « s’accroche tant au régime parlementaire rationalisé comme futur régime politique du pays« , soulignant que, pour les autres partenaires au dialogue national, « le système politique le mieux indiqué pour la Tunisie est le régime semi-présidentiel ».

Il a affirmé que « le dialogue national, suspendu jusqu’à lundi prochain, piétine à cause de cette question« , appelant Ennahdha à se déterminer clairement par rapport à cette question controversée.

Pour sa part, Issam Chebbi a indiqué que d’autres divergences opposent le mouvement Ennahdha à la plupart des partenaires du dialogue, notamment son attachement à une loi électorale fondée sur le scrutin à la proportionnelle avec la prise en compte des taux moyens les plus élevés en lieu et place du scrutin privilégiant les plus forts restes comme ce fut le cas pour les dernières élections.

Le porte-parole d’Al-Joumhouri a, en outre, regretté la suspension par Nidaa Tounès de sa participation au dialogue, déclarant en substance : « Plus le consensus national prend du retard, plus élevé sera le prix à payer par la Tunisie, d’autant que la situation générale dans le pays ne peut  tolérer davantage d’échecs ».

Il a assuré qu’Al-Joumhouri ne reprendra pas le chemin des séances du dialogue national tant qu’il n’y aura pas d’interaction positive avec Ennahdha sur les questions controversées et que la date limite pour que ce mouvement détermine clairement sa position expirera lundi prochain, «à la lumière de quoi Al-Joumhouri décidera soit de poursuivre le dialogue, soit de se retirer ».

Issam Chebbi a, par ailleurs, indiqué que l’adhésion de son parti à l’Union pour la Tunisie est un choix stratégique qui trouvera son expression dans la participation aux prochaines élections avec une liste unique et éventuellement un seul candidat à la présidentielle.

Il admet, cependant, que l’alliance traverse une période d’hésitation dont le parti n’est pas responsable, selon lui.

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