Compétitivité à l’international et innovation : indissociables ?

Initiative pour la compétitivité à l’international (ICI) est une association, créée en 2012, dans le but de constituer un groupe de réflexion autour d’une conception nouvelle de la compétitivité des entreprises tunisiennes, insuffisamment concurrentielles.

L’association, de type think-tank à but non lucratif, comptant des membres de diverses expertises (économique, juridique, financière, technique et informatique) vise à apporter un éclairage auprès de l’Etat, lui-même opérateur économique, sur l’environnement des PME/PMI qui représentent 80% du tissu industriel et premier pourvoyeur d’emplois en Tunisie, une Tunisie qui souffre durement du chômage et paradoxalement d’un manque de main-d’œuvre.

Innovation : le mot d’ordre

Conjoncture difficile, problèmes d’exportation vers la zone Euro (en crise) et donc perte de marchés, contexte de mondialisation (concurrence de plus en plus féroce), PME /PMI défaillantes, comment remédier à de tels  malaises économiques ?

Améliorer la compétitivité à l’étranger serait la ‘’potion magique‘’ pour relancer l’économie tunisienne. La recette est à première vue simple : laisser la compétitivité classique basée sur le prix de côté et améliorer celle durable avec la contribution de l’Etat ou ce qu’on appelle la compétitivité globale. Mais justement, qu’englobe-t-elle ? L’innovation, l’organisation et le management : voilà les trois maîtres mots de la notion d’une compétitivité durable.

« Innover le management des entreprises tunisiennes, manquant de visions stratégiques de développement et, qui jusque là, ont été gérées de manière patriarcale » est primordial, selon M. Mohamed Ben Hamed, président d’ICI : « Aujourd’hui, le monde et  la culture de l’entreprise ont changé. Un nouvel état d’esprit sur la gestion de l’entreprise devrait être fait horizontalement, demandant l’implication de tout le staff, depuis le haut de la hiérarchie jusqu’au bas de l’échelle ».

L’innovation de l’organisation impliquerait aussi une « distinction entre le patrimoine personnel et celui de l’entreprise faute de quoi, si on veut prendre une décision stratégique pour l’entreprise, on se perd » d’après Nizar Boukettaya, trésorier d’ICI. Il ajoute  qu’il serait judicieux de procéder comme l’a fait Tunisair : « S’adosser à un business plan pour se restructurer dès la constitution et non pas seulement en cas de crise ».

Qui dit innovation dit nécessairement investissement

L’innovation est liée à la capacité d’investir. En effet, plus une entreprise investit dans la recherche et développement, plus elle est innovante. Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’exemple des PMI allemandes (3 à 4 salariés), mais pourtant qui prévoient un budget d’investissement pour la R et D. Conséquence : une Allemagne qui se retrouve avec un excédent commercial comparé à sa voisine la France (qui a relancé un pacte de compétitivité pour rattraper le retard). Quant à la Tunisie (ressources limitées et peu de moyens), elle aurait tout intérêt à bien déployer ses investissements dans la recherche et développement, en impliquant les ressources humaines au sein de structures d’entreprises et d’universités, un partenariat durable et non de convenance, surtout que l’innovation est génératrice de valeur ajoutée et donc créatrice de bénéfices et d’emplois.

L’après- investissement est capital car il serait inutile d’établir des programmes d’investissements sans contrôle, un contrôle réel et fictif  de l’Etat.

Frein à l’innovation

Les entreprises seraient-elles un frein à l’innovation ? Un sondage mené par ICI sur un panel de 30 PME/PMI montre que celles-ci, en effet, sont plutôt réfractaires à l’innovation. M. Mohamed Ben Hamed regrette que l’innovation actuellement s’arrête « au développement d’emballage ou de nouveaux produits pour le compte de leurs partenaires étrangers, plus ou moins en copiant ce qu’il y a déjà, s’inscrivant ainsi dans un cadre d’innovation classique ». 

La standardisation du produit, pour répondre à tous les marchés et toutes les demandes, est une idée qui devrait être dépassée : « Le monde et la demande ont changé. Les Européens sont friands de produits nouveaux, même si le niveau de vie a baissé », déclare-t-il.

La matière première importée est également un frein pour les PME /PMI tunisiennes dont les coûts peuvent être prohibitifs : « C’est l’un des facteurs déterminants de la compétitivité et les PME se retrouvent parfois mal placées pour discuter avec  les fournisseurs de matières premières qui s’ imposent».

En conclusion, la visibilité à l’étranger est un paramètre sur lequel les entreprises devraient miser, pour une visibilité durable qui se construit étape par étape.

 

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