Pas de formation pour la formation

A Tunis, le 25/04/2012, s’est tenu au sein de l’UTICA un Forum intitulé : « Instruments d’appui à l’emploi dans le secteur des TIC ».

Le secteur des TIC est considéré comme stratégique pour l’économie tunisienne. En effet, étant horizontal, il offre des services à valeur ajoutée pouvant ainsi absorber une quote-part des chômeurs, dont 20% sont diplômés du supérieur. Une réalité bien triste, d’autant plus que le taux du chômage serait en expansion, à 16.8 % officiellement,  avec des disparités accrues selon le sexe (le nombre de femmes au chômage étant supérieur) et selon les régions.

Une restructuration des programmes d’emploi, afin de créer des richesses à haute valeur ajoutée et préparer les lauréats universitaires à la vie professionnelle, devient donc, plus que jamais nécessaire. C’est dans ce cadre que s’insère la convention « Programme National de Certification des compétences en TIC : Instrument d’appui à l’emploi. »

Un  programme  Instrument d’appui à l’emploi

Ce programme est une convention entre l’ANETI (Agence nationale pour l’Emploi et le travail indépendant) et CIFODECOM (Centre d’information, de formation, de documentation et d’études en Technologies des communications), en partenariat avec INFOTICA (Chambre nationale syndicale des sociétés de services et d’ingénierie informatique)  et TACT (Association tunisienne pour la Communication et la technologie). Un programme ambitieux, à première vue, visant à promouvoir l’emploi et dynamiser son marché dans un contexte de mondialisation. Lancé en 2010, il ciblerait 20.000 bénéficiaires avec cinq conventions de partenariat avec JAVA, ORACLE, Microsoft, LPI et CATIA. Le but : former et certifier les jeunes  du domaine des TIC, en leur délivrant des certifications internationalement reconnues. La formation serait alors au cœur de ce programme et s’offrirait comme une solution pour résorber le chômage.

La formation : génératrice d’emploi ?

Le phénomène de besoin paraît assez complexe. En effet, selon M. Triki Khaled, chef d’entreprise de Manager Partner, pour former les personnes il faut avoir les compétences nécessaires et pour définir ces dernières il est impératif de déterminer les besoins et donc avoir un marché. « Est-ce qu’actuellement il y a un marché pour développer un global banking, un marché pour développer un système pour l’assurance, la gestion des hôtels ou des hôpitaux ? Aujourd’hui le besoin n’est pas déterminé faute de marché », ajoute-t-il.

Selon M. Triki : « Les sociétés de services sont créées pour gagner de l’argent et donc recruter, s’il y a un marché : condition sinéquanone. La formation ne pourrait donc pas être génératrice d’emploi. Si l’Etat veut faire un effort, ce n’est pas sur la formation qu’il doit miser mais plutôt sur le marché ». Comment procéder alors ? Il suffirait d’identifier les besoins de tous les secteurs en TIC comme ceux des ministères et d’établir un cadre d’encouragement des sociétés de service tunisiennes, c’est-à-dire «  aller vers le produit tunisien qui fait de la  conception, création, innovation et ceci le plus vite possible ».

Donc, il s’agirait de créer un marché qui ferait conséquemment appel à des gens formés. Le mécanisme contraire conduirait à des personnes certifiées sans emplois.

M. Halila Taoufik, DG de SORETELEC, signale que les personnes formées partent à l’étranger, et c’est pour cette raison qu’il faut « encourager le marché local par la création de grands projets à l’échelle nationale comme  e-gov ou e-santé ».  Si les modèles anciens n’ont pas réussi, c’est à cause de points qui paraissent sans importance mais qui peuvent bloquer tout le programme. « Il faudrait s’affranchir des grandes stratégies qu’on annonce à l’avance et entrer dans le pragmatisme. Ainsi, les ingénieurs, encore au chômage, des gouvernorats de l’intérieur doivent se déplacer à Tunis pour être certifié; un chômeur qui n’a pas les moyens a besoin de garantie et de prise en charge ainsi que d’encadrement », affirme-t-il.

La formation  synonyme de compétence ?

La formation ne signifie pas la compétence si elle ne pas débouche pas  sur  un emploi, confirme Mme Kallel Faiza, DG de la promotion de l’Emploi. En effet, le jeune chômeur formé oublie vite les informations acquises. Un stage pour consolider les compétences serait plus efficace. Le ministère planifierait des formations en fonction des besoins des entreprises.

Selon M.Jerbi, Directeur général de TEKconsult, la certification suite à une formation est synonyme de compétence et il faut donc être vigilant à ce que le certificateur, lui-même, soit à jour (certificat obtenu auprès d’un centre international) ou qu’il a les compétences de présentations requises.

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Modifié le 17/05/2013

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