Droits de l’Homme et Islam : vers une lecture moderne

La salle était archicomble et l’auditoire nombreux et diversifié : étudiants, professeurs, journalistes. Salafistes et jeunes filles voilées sont venus assister à une journée d’études intitulée «Vers une pensée islamique alternative», organisée par l’Association Tounes Al-Fatat, en collaboration avec la fondation Konrad Adenauer Stiftung à Tunis. Tout au long de la journée, 6 conférences ont été présentées. Les intervenants ont essayé de présenter de nouvelles lectures de l’Islam dans le contexte actuel.

Hamza Amor, le président de Tounes Al-Fatat nous confie que : « Le modèle traditionnel d’uçûl al-fiqh est devenu hyper-formaliste et hostile à toute forme de créativité, au point qu’on a théorisé, depuis le VIe siècle de l’Hégire, la fermeture des portes de l’ijtihâd ! Ce séminaire vise à présenter au public des lectures qui vont au-delà de la lettre du Texte et qui sont restées, malgré leur pertinence, marginales alors qu’elles auraient pu concilier modernité et identité »

« Le Coran cite le mot Homme 65 fois et a mis en valeur la raison. L’absence du Prophète, de sa tutelle investit l’Homme de la responsabilité d’user de sa raison », déclare Msadek Jlidi, professeur à la faculté des Sciences humaines de Kairouan lors de son intervention. A travers laquelle il a posé la problématique suivante: « Comment peut-on parler de droits de l’Homme qui sont un concept occidental dans le cadre de la  civilisation arabo-musulmane. ? »

Le professeur a exposé les diverses prises de position existantes sur la notion des droits de l’homme dans le monde arabe

Les progressistes :
Pour eux, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme est applicable à tout le monde sans considérer les conditions de chaque société. Pour le professeur, ce mouvement rejette l’Islam et le remplace par les droits de l’homme, autrement dit les partisans de ce mouvement ne cherchent même pas à concilier les deux concepts.
Les salafistes et les mouvements religieux :
Ces mouvements soutiennent que la Déclaration est individuelle  et n’a rien à avoir avec l’Islam et qu’elle ouvre la porte à la liberté individuelle  jusqu’à l’anarchie et, qui plus est, elle nie les principes de toute société.
Prise de position conciliante :
Ce mouvement affirme que toutes les clauses de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme existent déjà dans le Coran et que ce n’est donc pas nouveau par rapport à l’Islam.

De même il a pointé du doigt les facteurs qui empêchent d’instaurer la culture des Droits de l’Homme au sein de la civilisation arabo-musulmane.

Contradiction législative :

L’exégèse traditionnelle, qui se base sur trois axiomes,  exclut  le concept d’égalité : la suprématie de l’homme sur la femme, celle du musulman sur le non- musulman, et celle  de l’homme libre sur l’esclave.

Contradiction psychologique :
Se protéger par la spécificité culturelle même s’il s’avère qu’elle est en contradiction avec les valeurs universelles

Contradiction historique :
L’image de l’Autre dans la mémoire collective arabe est intimement liée au colonisateur considéré comme agresseur du sacré

Contradiction au niveau de  l’éducation

L’éducation des enfants se fait sur la base de la soumission, la répression et le refoulement de toute créativité.

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