Moncef Ben Salem : réformateur ?

« L’enseignement supérieur en l’état ne répond pas aux ambitions du peuple tunisien. Il a beau évoluer mais il demeure théorique »,  déclare Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Cette déclaration vient dans le cadre de l’inauguration d’un atelier  sur les technologies de l’eau et les énergies renouvelables, organisé par le Centre de recherche et des technologies de l’énergie du technopôle de Borj Cédria.  Rappelons que le professeur Moncef Ben Salem exerce sa fonction actuelle depuis le 24 décembre 2011.  Fallait-il attendre  un an et quatre mois pour qu’il s’en rende compte ?!

Soucieux de l’avenir de l’université tunisienne, Moncef Ben Salem semble repérer les problèmes du système universitaire tunisien : selon lui la confiance entre les industriels et l’université n’existe pas, la distance qui sépare l’université des problèmes de tous les jours, la qualité de la formation. Dans cette perspective là, Moncef Ben Salem propose des solutions ou des esquisses de solution.

Le fil conducteur des solutions qu’il propose consiste à revoir la relation université- marché de l’emploi :

L’université doit être enracinée dans son environnement :
1/ Les projets de fin d’études doivent être faisables et utiles et qu’ils soient proposés par des entreprises ou des entreprises spécialisées.
2/ Les hommes d’affaires, les économistes et les industriels doivent assister au conseil scientifique afin de proposer des solutions. Et pourquoi pas les prendre en considération.
3/On devrait permettre à l’étudiant, au cours de sa formation, de fréquenter des milieux professionnels afin qu’ils ne lui soient pas étrangers le jour de son recrutement.

D’autre part, le ministre ne nie pas les faiblesses du système LMD, bien qu’il ne les ait pas citées mais il nous a rassuré en affirmant que la commission de la réforme de l’enseignement universitaire a toute les prérogatives nécessaires pour améliorer le système LMD et surtout l’adapter au contexte tunisien «  afin qu’il ne soit pas du prêt- à- porter ». Aucun problème ne se pose pour les filières dont l’accès au marché de l’emploi est difficile comme l’histoire, la géographie, la philosophie et autres.

Selon notre interlocuteur, les titulaires de ces diplômes peuvent agir dans le domaine culturel ou travailler dans des centres d’études stratégiques. Mais voit-on ces centres en Tunisie ? Et quelles sont leur capacité d’embauche ? De plus, le ministre semble oublier que  les études stratégiques nécessitent des études poussées et des années d’expérience avant d’arriver à ce stade.

Au-delà de son statut de ministre de l’Enseignement supérieur, trois de ses prises de position demeurent des perles inoubliables pour l’internaute tunisien.

La première est relative à ses déclarations sur le leader Habib Bourguiba, dans une vidéo qui a circulé en mai 2011, sur les réseaux sociaux  dans laquelle il brossait un portrait noir du leader tunisien en fait : Bourguiba serait d’origine juive, se moquait toujours de son peuple et  son rêve était de devenir Français sans oublier sa fameuse déclaration : « L’émancipation de la femme est un projet imposé par l’entité sioniste ». La deuxième est sa tolérance au port du voile intégrale à l’université en février 2012 et la troisième : signer un décret, publié au JORT, portant sa  propre nomination !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here