Le portail de l’Embauche …. entrouvert

Le portail de l’Embauche, 5e édition – 2013 s’est tenu au Palais des Congrès le 19 avril et se poursuivra jusqu’à demain le 20 avril, organisé par l’Aiesec Tunisie.

Un avenir incertain

Des sourires timides, des regards inquiets et des témoignages qui confirment une forte appréhension des étudiants et nouveaux diplômés par rapport à leurs perspectives d’avenir : un avenir dont les contours paraissent peu cernés…

De formations initiales différentes, un point en commun relie tous ces rêveurs : s’insérer dans le monde professionnel !

Nour Gharbi et Maroua Ben Mansour, jeunes diplômées en chimie industrielle de l’Insat (Institut National des Sciences appliquées et de Technologie), nous confient avec le sourire qu’elles n’ont pas l’intention de quitter le pays : rester et exploiter toutes les possibilités que peuvent leur offrir le potentiel d’une formation Ingénieur.

Une mission  qui s’apparente de plus en plus à un challenge, malgré quelques entretiens passés, la possibilité des call center n’est pas à écarter pour un début ou enchaîner un master professionnel qui garantirait la double compétence, de plus en plus recherché par les entreprises.

Je retourne en Ukraine ! C’était l’avis de Shaima Ben Ayed, étudiante en licence appliquée en anglais de communication. Etant partie en Ukraine à travers le réseau associatif de l’Aiesec, elle compte bien y retourner, contre son gré : l’Ukraine lui a donné une chance pour passer deux stages en Project management, chance qu’elle dit ne pas avoir eu en Tunisie : ‘’ Les stages sont pour les privilégiés’’.

Recruteurs : Rendez- nous l’Echo ! 

Marouas Boukari, diplômée en master de recherche marketing, affirme postuler depuis presque un an sur différents sites d’emploi et même des réseaux sociaux et ne reçevoir pourtant aucune réponse, malgré une expérience dans une boîte de conseil et un profil qu’elle trouve correspondant aux besoins exprimés par les entreprises.  ‘’Si l’entreprise exprime ses besoins et qu’elle m’informe qu’elle m’a refusée, je n’aurais pas de problèmes à attendre qu’on me réponde un jour’’.

Mathlouthi Leila, master de recherche en management et stratégie à l’IHEC de Carthage, n’a pas économisé ses efforts : mailing ou  porte à porte, parfois les deux, dans des banques et sociétés d’assurance, n’ont pas abouti.

« Le profil d’un diplômé de l’IHEC attire, déclare Leila, mais  le problème est que les recruteurs ne rappellent jamais même pas pour  annoncer un refus ».

L’entretien : une chance inexploité

Selon Abdelwahed Zoghlami, représentant de l’ESAT (Ecole Supérieure Privée de l’Aéronautique et des Technologies),  les étudiants ne montrent pas assez leurs atouts pendant les entretiens .En outre, les CV reçus manquent de personnalités et se ressemblent tous.

Les étudiants ne voient pas très loin. Pour ceux de l’aéronautique, leur plus grande aspiration est  de travailler chez Tunisair alors qu’il ya une centaine d’entreprises dans le domaine de l’aéronautique qui fabriquent  des  pièces qui requièrent une  technologie de pointe pour Airbus, le célèbre avionneur français.

Pour les nouveaux diplômés, pour maximiser leurs chances à l’embauche, ils devraient avoir en tête un objectif bien en vue et savoir que la maîtrise des langues est fondamentale. Des candidats à l’embauche très prometteurs ont été refusés parce qu’ils ne maîtrisent pas l’anglais.

Rétablir le lien de confiance entre la jeunesse et les institutions

Said Aidi, membre du bureau exécutif d’un parti politique , nous déclare que le lien de confiance entre la jeunesse et les institutions privées ou publiques est brisé.

Par conséquent, on se retrouve face à une jeunesse angoissée et qui perd confiance et donc un pays qui aura du mal à construire un projet collectif.

 Il faut procéder à des réformes essentielles sur la base de la transparence et de la sincérité de l’action. De cette manière, les diplômés seront prêts à patienter et à mener des efforts qui vont permettre leur insertion dans le marché de l’emploi.

Pour surmonter les difficultés structurelles, il faut deux pactes nationaux : un pacte national contre la pauvreté, qui est à un niveau inacceptable dans le pays,  et un deuxième pacte qui permette d’avoir une vision stratégique sur 10-15 ans de la Tunisie que partage l’ensemble des composantes de la société (les autorités publiques, gouvernementales, partenaires sociaux et secteur privé). Suite à quoi, à court terme, il sera plus facile de transformer les mesures d’incitation à l’emploi et de  mieux exploiter  le gisement considérable  pour l’embauche que sont les PME/PMI.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here