Redevabilité sociale : premiers pas de la gouvernance par l’information

Une table ronde a été organisée, aujourd’hui 16 avril à Tunis entre le Premier ministère tunisien et la Banque mondiale, sur les résultats d’une enquête sur la gouvernance des services publics.

La question du renforcement au niveau local des mécanismes de participation dans la gestion des services publics, dont la mise en œuvre nécessitera une grande concertation entre les acteurs publics et privés, était au cœur des débats.

La mise en œuvre de la Circulaire relative au suivi participatif des services publics, adoptée par le Gouvernement en 2011, dans le cadre du Programme d’appui à la relance économique (PAR) et  les résultats de la plateforme d’évaluation citoyenne pilote créée par le Premier ministère (http://www.consultations-publiques.tn) ont été par ailleurs abordés.

« Cette démarche est un préalable pour la bonne gouvernance, la transparence et un véritable open-gouvernement », a constaté Eileen Murray, représentante résidente de la Banque mondiale en Tunisie.

Et d’ajouter : « Mais un large effort sera nécessaire pour atteindre l’objectif clé de cette politique, avec des résultats périodiques, au niveau local et avec l’implication de la société civile ».

Une enquête récemment menée par le Premier ministère et  soutenue par l’assistance technique de la Banque mondiale, a évalué la gouvernance et la performance des services publics.

Parmi les participants figuraient à cette table ronde, des associations de la société civile qui ont fait part de leurs expériences des évaluations participatives réalisées en 2012 au niveau des gouvernorats, en partenariat avec l’Administration locale.

« Afin de généraliser les mécanismes de suivi et de réforme participative des services publics, ces outils doivent être appliqués de manière continue, pour que les responsables des services aux citoyens soient comptables des résultats », a déclaré Heba Elgazzar, économiste senior à la Banque mondiale.

« Dans ce sens, en adoptant la Circulaire du suivi participatif, la Tunisie est devenue le premier pays de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à se doter d’une politique officielle sur la performance des services publics. Pour cela, la mise en œuvre de cette politique est cruciale » explique-t-il.

Prochaine étape : une réforme participative

 Pour la première fois, des informations relatives aux performances des services publics sont mises à disposition du public, qui peut s’en servir pour demander des comptes au sujet des actions des prestataires. Ainsi, par exemple, une réforme a récemment porté sur le système d’assurance-maladie, qui a été modifié afin de réduire les délais de prise en charge.

« À l’avenir, la réalisation du principe de l’obligation de rendre des comptes va relever d’une responsabilité partagée. Au niveau local, la société civile doit à présent se mobiliser et impliquer les citoyens ainsi que l’administration dans un dialogue plus large portant sur les réformes», a ajouté M. Elgazzar.

Premiers pas de la gouvernance par l’information

À la suite de cette première initiative, le gouvernement tunisien et la société civile ont discuté des mécanismes du suivi participatif, afin de garantir une meilleure redevabilité sociale au niveau local, ainsi que dans les secteurs prioritaires. Cela devrait permettre de cibler les réformes et d’améliorer les services publics à court terme, tout en attendant des réformes plus profondes relatives à la gestion des services publics sur la base de la performance, la mise en œuvre de l’accréditation des services et la décentralisation. Si les citoyens ont désormais les moyens de s’exprimer, les pouvoirs publics ont les moyens de les entendre.

 

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