Le prêt de précaution : les discussions avancent…

Aux grands maux les grands remèdes ? Il semble que ce vieux proverbe a trouvé sa place  dans le contexte  économique tunisien actuel.  La comparaison pourrait être légitime : le mal étant identifié à la situation de crise économique et le remède devenant le prêt de précaution  du FMI. Les voix se sont élevées de tout part pour refuser ce prêt du FMI et pourtant voici que Amine Mati, le chef de la délégation du FMI, annonce aujourd’hui 16 avril, lors d’une conférence de presse, que les négociations sont à un stade avancé, mais qu’aucun accord de principe n’a eu lieu entre le ministre des Finances, Elyes Fakhfekh, Chedli Ayari le gouverneur de la Banque centrale et le FMI.

Pour dissiper les doutes sur l’intention du FMI d’intervenir ou de s’ingérer, Monsieur Mati a indiqué que : « Le FMI ne pose pas de conditions politiques ou de transition. Ce n’est pas notre mandat, il s’agit d’aider le pays à concrétiser sa réforme économique ». Par ailleurs, il a affirmé que le calendrier et le contenu des réformes ont été mis au point sans pression et par les autorités tunisiennes ».

Monsieur Mati a pris soin de rappeler le bilan de l’année  2011, qui  était une année de récession avec un taux de croissance négatif de moins de 2%, mais en 2012 la reprise a été amorcée, avec un taux de croissance de 3,6%, notamment par des effets de base, qui ont aidé, comme le rebond du tourisme et de l’investissement direct étranger, par rapport à l’année précédente.
Des prévisions relatives à l’année 2013 ont été présentées par Monsieur Mati : « La perspective économique à court terme pour la Tunisie reste tributaire des chocs exogènes, c’est-à-dire de la conjoncture de la zone euro, vu le poids important des exportations dans l’économie tunisienne et l’évolution de la transition politique ».

S’agissant du taux de croissance pour l’année 2013, on note une révision à la baisse. Lors de cette rencontre,  aussi bien Amine Mati qu’Elyes Fakhfakh, ministre des finances,  ont annoncé que la Tunisie table sur une croissance de seulement 4% pour l’année 2013, au lieu de 4,5% fixé précédemment.

Pour ce qui est de l’inflation, des chiffres positifs ont été avancés en  2013, l’inflation serait de l’ordre de  6,5% ; avant de diminuer vers la fin de l’année, pour atteindre 5,3%.

Amine Mati a souligné les mesures prises par la Banque centrale de Tunisie, qui consistent à resserrer la politique monétaire, que ce soit par l’augmentation du taux directeur, que par un meilleur contrôle des différents canaux de distribution. Cela devrait aider à garder l’inflation à 5,3%.

Il a, par ailleurs, déclaré que le programme économique des autorités se décline en trois volets :

– Préserver la stabilité budgétaire et extérieure;
– Promouvoir une croissance plus forte et plus inclusive, y compris par le développement régional, pour essayer d’éliminer cette dichotomie entre les régions;

– Remédier à la vulnérabilité dans le secteur bancaire

Le recours au FMI était inévitable

Il ressort de cette rencontre  que la convention du Prêt de précaution entre la Tunisie et le FMI serait signée durant le mois de mai prochain.

Intervenant, Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, a justifié le recours aux institutions financières par les pressions internes et externes auxquelles le pays est confronté. Selon lui, le recours au FMI était inévitable.

De son côté, Elyes Fakhfakh, ministre des Finances, a mentionné que ce prêt constitue un appui budgétaire important pour la Tunisie, soulignant la possibilité de son exploitation avant la fin de l’année en cours. Le ministre des Finances n’a pas manqué de rappeler également les répercussions de la crise européenne et de la hausse des prix à l’échelle internationale, lesquelles compliquent davantage la situation économique nationale, déjà fragilisée par le climat d’instabilité  politique et sociale à l’échelle interne.

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