La permaculture, une alternative aux cultures intensives ?

Les cultures intensives dégradent les sols : c’est l’affirmation présentée par les deux microbiologistes Lydia et Claude Bourguignon, cofondateurs de LAMS (Laboratoire de microbiologie des sols) dans la région de Dijon, lors d’une conférence organisée par l’Institut français en partenariat avec l’Inat (Institut national agronomique de Tunis).

Le  sol est un  monde à part

Le labour dégrade le sol, du moins c’est dans ce contexte que les ex- chercheurs de l’Inra (Institut national de recherche agronomique, France) , le couple Bourguignon a présenté ses arguments.

Le sol, à première vue, un élément immobile, regorge de vie. Il contient, en effet, dans un seul gramme  1 milliard de bactéries pouvant appartenir à 25000 espèces. Il est également un réservoir de champignons, qui avec les bactéries et d’autres formes de vie microscopiques régulent les cycles de vie des plantes.

Ces microbes appelés aussi micro-organismes sont vitaux pour la ‘’ bonne santé ‘’ du sol mais également celle des plantes. En effet, ces micro-organismes  fournissent aux plantes les éléments minéraux nécessaires à leur croissance en dégradant la matière organique morte (végétaux par exemple). Ces mêmes microbes peuvent aussi fixer l’oxygène sur des éléments minéraux préexistants dans le sol et donc les rendre assimilables par la plante.

Et pourtant l’homme ‘’ tue ‘’ ces microbes  bienfaiteurs

En 6000 ans d’agriculture, l’homme a créé 2 milliards d’hectares de désert et depuis un siècle 1 milliard d’hectares de sols labourables ont été détruits par l’agriculture. Ajoutons à cela la déforestation qui supprime gravement la faune et flore présente dans les sols. Conséquence : une planète qui se retrouve avec des sols dégradés et ‘’ fatigués ‘’.

La dynamique de dégradation commence par la perte des micro-organismes due à l’apport d’engrais et à l’irrigation, parfois inutile, et qui provoque à long terme un phénomène de salinisation et de désertification (8 millions d’hectares/an). Ensuite, des  dégradations chimiques et physiques prennent  place : les éléments nutritifs sont lessivés, les nappes seront donc polluées et les sols acidifiés. Conséquences inévitables : érosion, dégâts environnementaux et  une chute de productivité des terres cultivées. La situation selon M.Bourguigon est inquiétante au point que ‘’ pour arrêter ce processus de dégradation du capital sol, il faut accomplir une vraie révolution verte ! ‘’

La permaculture pourrait- elle sauver nos sols ?

La permaculture est un mode de culture qui a pour but de réparer les sols détruits en restaurant la biodiversité.  C’est une technique basée sur l’emploi de plantes restauratrices de la fertilité. Il ne  sera plus nécessaire de mettre les  terres à nu en les labourant mais plutôt d’ajouter la matière organique au sol, un apport de carbone par une technique de fertilisation naturelle appelée  mulching : on crée un humus naturel qui fera office d’engrais à partir de déchets d’herbes , de la paille ou même de plaquettes de bois. C’est  une méthode douce d’agriculture durable car elle prend en considération tous les écosystèmes et encourage à minimiser l’utilisation d’engrais chimiques.

En outre, les résultats de certaines études menées par les deux chercheurs montrent une régénération de sols qu’on croyait inutilisables.

Les sols donc sont des ressources beaucoup plus fragiles qu’il n’y paraît ; autant les préserver pour la pérennité de nos cultures.

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