Ne blâmez pas le soleil ni le vent !

Selon  une étude réalisée par les Nations Unies sur le secteur des énergies renouvelables en Afrique du Nord (la Tunisie figurant parmi les exemples) et publiée en septembre 2012, ce n’est pas le soleil et le vent qui font défaut. En effet, selon cette même étude, la Tunisie ‘’ dispose d’un potentiel en ER (Energie Renouvelable) suffisant pour couvrir la quasi-totalité de la demande actuelle et prévisionnelle à long terme’’ comme les besoins en ‘’ éclairage, climatisation, chauffage etc.’’.

En plus du potentiel solaire considérable dont est dotée la Tunisie, celui éolien montre de bons  vents (vitesse > 7m/s à 60m) au nord et sur les côtes du nord-est (Bizerte et Nabeul, partie centrale du pays: Kasserine, Sud-Est: Médenine, Gabes et des sites intéressants (secteurs est de Tozeur, de Kébili et de Tataouine, côte est de Medenine, région de Monastir.

Entre la demande (en électricité) prévisionnelles en constante augmentation et une tendance à passer du statut d’exportateur net à importateur net de pétrole, la Tunisie aurait tout intérêt à développer le secteur des énergies renouvelables.  C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les participants à l’événement qu’ont organisé les JCI aujourd’hui 11 avril. Le programme a tourné autour de la thématique ‘’ Energies Renouvelables : quelles opportunités pour la Tunisie ?’’.

Cadre réglementaire non satisfaisant

Selon le rapport des Nations Unies, la Tunisie a mis sur pied depuis 1980 une réglementation dans le but d’encourager la croissance du secteur des énergies renouvelables. Il s’agit  d’un ensemble de lois et décrets dont la loi du 2 août 2004 amendée par la loi du 9 février 2009. Le texte de la loi autorise tout établissement à produire de l’énergie pour sa propre consommation ou sa vente exclusivement à la Steg (selon un contrat). Cependant, d’après  M.Tahar Achour, président de la Chambre syndicale nationale des énergies renouvelables(Csner), l’un des handicaps majeurs du secteur est la réglementation ‘’ qui n’est pas très transparente’’.

Les énergies renouvelables, selon M. Achour,  ne peuvent pas évoluer sans ‘’ une volonté politique sans faille’’ comme, par exemple, le succès allemand. Donc le problème de fond est celui de l’engagement politique .En effet, en 2020 la Tunisie s’est engagée à réaliser 30% d’électricité verte ‘’ mais comment pourra- t-on atteindre ces chiffres s’il n’y pas la volonté pour le faire ? ’’.

Cet avis a été rejoint par celui de M.Ben Said Abderaouf, chef de service responsable Energie à l’Agence tunisienne de la formation professionnelle : ‘’ l’Etat ( plus précisément l’institution concernée, à savoir l’Anme ( Agence nationale de maîtrise de l’énergie) devrait pouvoir contrôler. Il est insuffisant de donner l’agrément pour des installateurs de systèmes solaires thermiques et de ne pas les contrôler par la suite. Sur les sites,  les installations peuvent être médiocres, ce qui nuit au système des énergies renouvelables car le promoteur ou le client ne sont même plus sûrs de la qualité des pièces de rechange. La question qui est au cœur du débat est par conséquent : ‘’ Quand passera-t-on d’une politique volontariste à une politique structurée’’. 

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