Le Front Populaire et l’Alliance civile et politique contre la violence : Le souvenir, encore vif, du 9 avril 2012

« Nous sommes ici avec mérite. En ce jour même de l’année précédente, nous avons brisé la décision des autorités et bravé l’interdiction de manifester sur l’avenue Habib- Bourguiba », a déclaré ce matin Jaouher Ben Mbarek. Venu célébrer la fête des Martyrs avec ses alliés de la coalition civile et politique pour le salut, le porte-parole du réseau  »Doustourna » avait le souvenir des événements du 9 avril 2012 encore vif. «  L’année dernière, ils nous ont agressé à coups de matraque et de lacrymogènes, s’est-il remémoré. Police et milices nous ont violemment attaqués. Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est que la liberté ne se donne pas, elle s’arrache ».

Ce sentiment de satisfaction est partagé par Abdelmajid Belaïd, le membre du bureau politique du Parti des Patriotes Démocrates Unifié. « C’est une victoire sur le gouvernement de l’inféodation », a-t-il assuré. Se souvenant de son frère assassiné le 6 février dernier, Abdelmajid Belaïd avait l’air ému : « Le 9 avril de l’année dernière, Chokri était là. Il manifestait pour la Tunisie, pour rappeler les principes pour lesquels les martyrs avaient sacrifié leurs vies. Il criait liberté, justice sociale et dignité pour les paupérisés et les opprimés. Et c’est pour cela qu’ils l’ont tué ». L’absence de violence et des milices aujourd’hui a amené le frère de Chokri Belaïd à conclure que la violence était systématique et que les leaders d’Ennahdha, notamment Rached Ghannouchi, en tiraient les ficelles.

Pour ce leader du PPDU, chargé de la mobilisation, la fête du 9-Avril vient rappeler le chemin inachevé et le droit bafoué des martyrs et de leurs familles, leur droit à la vérité : « La vérité sur la mort de Chokri Belaïd, mais aussi la vérité sur la mort de tous les martyrs de la patrie », a-t-il asséné.

A ces martyrs « sans exception », Hamma Hammami a eu, lui aussi, des égards et des pensées. Pour le leader du Front Populaire, il ne suffit pas de célébrer le souvenir des martyrs, mais il est nécessaire de leur rendre justice, en remettant leurs assassins et leurs bourreaux à la justice. Il s’agit également selon lui de contenir le fléau de la violence. « Nous sommes contre le terrorisme, et c’est dans ce cadre que s’inscrit le congrès national contre la violence qui se tiendra le 18 mai prochain », a expliqué Hamma Hammami avant de demander des enquêtes vraies et sérieuses sur l’assassinat de Chokri Belaïd, sur les événements de « Rach » à Siliana ainsi ou encore sur les événements du 9 avril 2012.

La commission qui a été chargée de dévoiler la vérité sur ces événements n’a rien dévoilé à ce jour sur les abus de violence ni sur l’implication des « milices d’Ennahdha  et des  Ligues de la  protection de la révolution ». Aujourd’hui même, le Premier ministre Ali Laarayedh, alors ministre de l’Intérieur, a déclaré : «  Les événements du 9 avril 2012, c’est du passé. »

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