Anniversaire de l’OMS : quid de l’HTA ?

Crédit : OMS/C. Black

Il y a plus d’un demi- siècle, le 7 avril 1948 plus précisément, on assistait à la  naissance de l’Organisation mondiale de la santé. Depuis, tous les ans à la même date, l’OMS saisit cette occasion pour sensibiliser le public à un problème de santé mondial.

Hier  la Journée mondiale de la santé  avait pour thème l’hypertension avec pour objectif :  sensibiliser aux causes et aux conséquences de l’hypertension, améliorer le dépistage en mesurant régulièrement la tension artérielle , inciter à suivre les conseils des professionnels de santé et encourager à adopter des comportements sains.

L’hypertension est un facteur de risque cardiovasculaire qui touche, d’après l’OMS, un adulte sur trois dans le monde et augmente avec l’âge.  Ainsi 10% des individus dont l’âge se situe entre 20 et 39 ans et de 50%  des individus entre 50 et 59 ans sont hypertendus. Les populations les plus touchées sont celles des pays à faibles revenus avec  dans certains pays africains, des taux qui avoisinent les 40 % selon les estimations.

D’intensité variable, l’HTA prédispose à des complications graves comme la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral ( AVC) et l’insuffisance rénale. À long terme, si non ou mal traitée, elle peut provoquer la cécité, des troubles du rythme cardiaque ou une insuffisance cardiaque.

Un risque d’autant plus important si l’hypertension est associée à d’autres facteurs cardiovasculaires tels que le diabète.

Avec la modification du mode de vie des Tunisiens, la maladie cardiovasculaire est devenue la première cause de mortalité dans notre pays, amenant  les autorités tunisiennes  à mettre en place un programme national pour la prise en charge de l’HTA et du diabète, et ce, depuis 1993.

Selon les enquêtes réalisées, l’hypertension atteint 30,6% des adultes. Malgré cette proportion, 38,8% de ceux diagnostiqués porteurs de HTA étaient au courant de leur diagnostic et  84,8% d’entre eux recevaient un traitement antihypertenseur.

Dans les centres de soins de base, l’HTA traitée et contrôlée est diagnostiquée dans seulement 42,9 % des cas.  Pourtant,  la Caisse de sécurité sociale et l’Etat assurent une prise en charge intégrale de cette affection.

La bonne nouvelle est que l’hypertension peut être évitée. On peut en réduire le risque en adoptant un comportement alimentaire et une hygiène de vie sains, à savoir :

  • Diminuer la consommation de sel
  • · Manger équilibré
  • · Eviter de consommer de l’alcool
  • · Faire de l’exercice physique régulièrement
  • · Conserver un poids équilibré
  • ·Eviter le tabac.

Ainsi les campagnes de prévention et les efforts déployés pour le traitement de l’hypertension et d’autres facteurs de risque cardiovasculaire ont permis de réduire la mortalité par cardiopathie dans certains pays développés.

En plus d’une bonne hygiène de vie, il est important de privilégier l’automesure ou MAPA (mesure ambulatoire de la pression artérielle) ; les mesures chez le médecin peuvent en effet  parfois ne pas suffire, surtout pour les personnes les plus vulnérables. L’HTA masquée, c’est-à-dire normale, chez le médecin et élevée à domicile, que l’on estime entre 10 et 30 % des cas, en est un exemple.

Une étude française, dirigée par Christophe Tzourio (Directeur unité Inserm 708, université de Bordeaux) et publiée dans le Journal of Hypertension  s’est intéressée à une frange de la population âgée entre 73 et 97 ans pour laquelle la mesure de la pression artérielle a été effectuée au sein d’un centre d’examen. 15 jours plus tard, les participants ont  procédé chez eux à la prise de leur pression artérielle selon un protocole précis.  L’étude révèle que 40% des personnes âgées auraient une hypertension artérielle masquée, qu’elles soient sous traitement antihypertenseur (HTA non contrôlée masquée), ou exemptes de tout traitement.

Les mêmes mesures ont été répétées un an plus tard : ainsi le risque de développer une HTA est multiplié par 7 tous patients confondus.  Par contre, ceux non  traités par antihypertenseur ont un  risque d’HTA permanent multiplié par 17. A cet effet,  l’auteur de l’étude conclut que  «  dans un laps de temps assez court – 1 an dans notre étude – l’HTA masquée se transforme souvent en HTA permanente ».

« Chez le senior, tout est majoré : l’effet blouse blanche, l’HTA masquée, ou encore la variabilité de la PA : le généraliste a donc beaucoup de chances de se tromper sur l’état tensionnel de son patient », ajoute-t-il.

Le contrôle de l’hypertension ne se limite donc pas à un traitement médicamenteux, ou à un âge donné,  elle nécessite un effort personnel par des comportement sains et l’automesure de la tension artérielle.  Quoi de plus simple pour une vie en bonne santé ?

Pour en savoir davantage sur la MAPA : http://test.comitehta.org/wp-content/uploads/downloads/2011/10/Livret_Automesure2010.pdf

 

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